Journée internationale de la montagne : nos glaciers au cœur d’une urgence mondiale
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Rubrique Tendances & Actus
Ce jeudi, c’est la Journée internationale de la montagne. Instauré par les Nations Unies, ce rendez-vous annuel est là pour nous rappeler une vérité simple, mais fondamentale : loin d’être des territoires hostiles et isolés, les écosystèmes montagnards sont des piliers de notre planète. Ils régulent notre climat, abritent une biodiversité cruciale et jouent un rôle prépondérant pour notre sécurité alimentaire. Cette édition 2025, placée sous le thème « Les glaciers sont importants pour l’eau, l’alimentation et les moyens de subsistance dans les montagnes et au-delà », braque les projecteurs sur une urgence silencieuse : ces vastes réserves de glace, dépositaires d’environ 70 % de l’eau douce terrestre, fondent à une vitesse inédite, menaçant directement la vie de milliards de personnes. Pour terminer le petit tour du BeMac de ce milieu de semaine, nous fêtons aussi les Daniel.
Les glaciers, ces immenses châteaux d’eau en sursis
Quand on pense aux glaciers, on imagine souvent des paysages spectaculaires, des géants de glace intemporels. En réalité, ce sont des composants absolument vitaux pour les écosystèmes et les communautés. Ils ne sont pas juste de la neige et de la glace figée ; ils représentent la source essentielle de vie qui alimente les rivières et les nappes phréatiques, souvent très loin en aval des sommets. Plus d’un quart de la population mondiale, soit près de deux milliards de personnes, dépendent de l’eau que ces réserves fournissent pour leurs besoins quotidiens, l’agriculture, leurs activités et même leurs traditions culturelles. C’est particulièrement vrai pour de nombreux peuples autochtones, dont l’existence même est intrinsèquement liée à ce cycle de l’eau. On se doit donc de les considérer comme de véritables châteaux d’eau naturels à l’échelle planétaire, des réservoirs indispensables à la survie.
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Un indicateur criant de la crise climatique
Le problème, nous le savons tous, est que ces sentinelles du climat sont en train de disparaître sous nos yeux. Leur recul accéléré est l’un des indicateurs les plus visibles, les plus flagrants, de la crise climatique en cours. Ce n’est pas qu’une vague prédiction lointaine ; c’est une réalité mesurée : sur les six dernières années, cinq ont été marquées par les pertes glaciaires les plus rapides jamais enregistrées. Certains d’entre eux, près de six cents à ce jour, ont déjà totalement disparu. Si les températures mondiales continuent sur cette trajectoire ascendante, ce nombre ne fera qu’augmenter, ce qui promet une catastrophe écologique et humanitaire sans précédent. Cette fonte n’est donc pas juste un sujet pour les scientifiques ; elle nous concerne tous, car elle menace directement notre agriculture, les énergies propres basées sur l’hydroélectricité, et par extension, toute notre sécurité en eau.
Près de deux milliards de personnes, dont de nombreux peuples autochtones, dépendent de l’eau des montagnes pour leurs besoins quotidiens essentiels, leurs moyens de subsistance et leurs pratiques culturelles.
Cinq des six dernières années ont été marquées par le recul des glaciers le plus rapide jamais enregistré. Quelque 600 glaciers ont déjà disparu et beaucoup d’autres disparaîtront si les températures continuent d’augmenter.
Aujourd’hui, plus de 15 millions de personnes dans le monde sont très vulnérables face aux inondations causées par les débordements des lacs glaciaires.
Nations Unies
Quand la glace fond, les risques s’envolent
La disparition de cette glace a des conséquences très concrètes et souvent dramatiques, bien au-delà des montagnes elles-mêmes. C’est en réalité une double peine. D’un côté, on perd la ressource en eau à long terme. De l’autre, la fonte excessive et le dégel du pergélisol, ces sols gelés en permanence, augmentent drastiquement les risques naturels immédiats. On parle notamment d’inondations dévastatrices, causées par le débordement soudain de lacs glaciaires qui se forment et grossissent rapidement. On voit aussi une multiplication des glissements de terrain. Aujourd’hui, les chiffres sont alarmants : plus de quinze millions de personnes dans le monde se trouvent dans des zones considérées comme très vulnérables à ce type d’inondations soudaines. Ces phénomènes mettent en danger les populations vivant en aval, bien sûr, mais ils menacent également les infrastructures vitales comme les routes, les ponts et les barrages.
Réagir sans attendre : l’appel à l’action
La leçon que nous retenons de cette Journée internationale de la montagne, dont le message central porte sur l’importance vitale des glaciers pour notre subsistance, est simple : nos massifs sont, sans conteste, les principaux pourvoyeurs d’eau douce sur Terre. Cette fonction est à la fois irremplaçable et cruciale. On ne peut plus se permettre de rester spectateurs pendant que cette glace fond et s’écoule loin de nous. C’est un appel à l’aide très fort, une nécessité d’agir immédiatement. Pour freiner la disparition de ces réserves naturelles et sauvegarder cette source de vie, il est impératif que nous redoublions d’efforts dans la lutte contre le changement climatique. Cela se traduit concrètement par une diminution drastique et rapide de tout ce que nous émettons comme gaz à effet de serre. Mais il faut aussi prévoir, c’est-à-dire mettre en place des stratégies d’adaptation pour aider les populations qui subissent déjà les conséquences à se protéger des risques accrus. Il est vraiment temps d’arrêter de voir la montagne comme un simple obstacle géographique : elle est en réalité le moteur essentiel de tout notre système hydrique mondial, et il faut agir en conséquence.
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Plus qu’un réservoir : un trésor de vie et de culture
Au-delà de la question de l’eau, on oublie souvent que les massifs sont des réserves de biodiversité absolument uniques. Même si on les perçoit comme des zones inhospitalières, ils sont en réalité le refuge d’une faune et d’une flore très spécialisées, qui ont réussi à s’adapter à des conditions extrêmes. Ce sont des havres de paix pour une multitude d’espèces qui sont d’ailleurs souvent menacées ailleurs. Ces milieux naturels diversifiés sont donc fondamentaux pour la bonne santé de toute notre planète. En plus de cette richesse biologique, les montagnes sont le berceau de traditions et de savoir-faire anciens. Les communautés qui y résident ont développé, au fil des siècles, des manières de vivre durables et une connaissance précieuse de la gestion des ressources, notamment de l’eau et des sols. Il est primordial de valoriser ces savoirs et de soutenir ces populations. Protéger les zones montagneuses, c’est ainsi sauvegarder un patrimoine humain et naturel qui n’a pas de prix. C’est un combat qui doit devenir l’affaire de tous, car ce qui se joue là-haut impacte directement notre futur à tous.
(L’illustration de notre article provient de ChiemSeherin sur le site Internet Pixabay. Si l’image vous intéresse, vous pouvez faire un don sur le site avant de la télécharger)