Vous avez oublié votre mot de passe de compte Google ? Connectez-vous avec une vidéo selfie
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Rubrique Logiciels & Applications
Google vient de déployer une nouvelle option de récupération de compte particulièrement pratique. Si vous avez oublié votre mot de passe ou perdu l’accès à votre téléphone habituel, vous pourrez désormais vous reconnecter grâce à une courte vidéo selfie. Après avoir enregistré une séquence de référence en suivant de simples mouvements de tête, le système compare une nouvelle prise en direct pour vérifier votre identité. Chiffrée, optionnelle et contrôlable, cette fonctionnalité s’ajoute aux passkeys et e-mails de récupération. On vous explique comment elle fonctionne, comment l’activer et ce qu’il faut savoir sur la sécurité.
Quand perdre son accès devient un véritable casse-tête
C’est le genre de petit coup de chaud que tout le monde a déjà connu au moins une fois. Vous changez de téléphone, vous tentez de vous connecter sur un nouvel ordinateur, et là, c’est le trou noir : impossible de remettre la main sur ce satané mot de passe. On a beau fouiller dans les recoins de sa mémoire ou tester les trois ou quatre combinaisons habituelles, rien n’y fait. La situation devient vite stressante quand on réalise tout ce qui est lié à cette simple adresse mail. Vos photos de vacances sur Cloud, les documents de travail importants dans le Drive, vos abonnements YouTube, et parfois même l’accès à d’autres applications tierces… Bref, c’est toute notre vie numérique qui se retrouve soudainement verrouillée derrière une porte blindée.
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Jusqu’à présent, le géant de Mountain View proposait bien quelques bouées de sauvetage pour nous sortir de ce mauvais pas. On pouvait recevoir un code sur son mobile, utiliser une adresse de secours ou s’appuyer sur des clés de sécurité numériques, les fameuses « passkeys ». Mais que se passe-t-il si vous avez justement égaré votre smartphone dans un taxi ou si votre vieille boîte mail de secours a été supprimée pour inactivité ? C’est précisément pour combler ce vide que la firme américaine a sorti de son chapeau, jeudi 23 juillet, une toute nouvelle méthode qui repose sur quelque chose que vous ne risquez pas d’oublier chez vous : votre propre visage.
La vidéo selfie est une nouvelle façon d’accéder à votre compte, vous offrant plus d’options si vous êtes bloqué ou n’avez pas accès à votre téléphone ou ordinateur habituel.
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Cette nouveauté prend la forme d’une option baptisée « selfie vidéo ». Attention, il ne s’agit pas d’un remplacement des systèmes actuels, mais plutôt d’une roue de secours supplémentaire qu’il faut configurer à l’avance, tant que tout fonctionne bien. Le principe est plutôt malin : vous vous filmez quelques secondes sous différents angles pour donner au système un point de repère. Le jour où les choses tournent mal, il vous suffira de vous prêter à nouveau au jeu face à l’objectif pour prouver que vous êtes bien le propriétaire légitime. Une idée simple sur le papier, mais qui cache une machinerie technologique bien huilée.
Derrière l’écran, comment le système nous identifie-t-il vraiment ?
Pour bien comprendre la mécanique, il faut séparer la chose en deux temps bien distincts. La première phase se déroule à froid, quand vous avez encore le plein contrôle de votre profil. En vous rendant dans vos options, le site va vous demander d’enregistrer ce que les ingénieurs appellent une vidéo de référence. Concrètement, vous allez devoir fixer la caméra et tourner doucement la tête vers la gauche, vers la droite, ou encore lever le menton, en suivant des repères visuels affichés à l’écran. Cette petite gymnastique faciale ne sert pas à vous faire faire du sport, mais permet à l’algorithme de cartographier les reliefs de vos traits sous plusieurs angles. Une fois cette étape validée, ce petit clip est mis sous clé de façon totalement chiffrée.
Le vrai test de cette technologie arrive le jour de la panne sèche. Imaginons que vous tentiez de vous identifier sans succès. Après plusieurs tentatives infructueuses, la plateforme va vous suggérer cette fameuse vérification visuelle. L’interface s’ouvre alors sur votre objectif et vous demande une nouvelle prise de vue en direct. C’est là que la magie (et la sécurité) opère. Le programme ne se contente pas de faire une superposition élémentaire d’images comme on le ferait dans un jeu vidéo. Il va chercher des micro-mouvements bien précis et analyser la façon dont la lumière se pose sur votre peau.
Cette étape est cruciale car elle intègre ce que l’on appelle une détection de vivacité. En clair, le logiciel cherche à s’assurer que c’est bien un être humain en chair et en os qui se tient devant l’appareil, et non pas une banale photo imprimée ou, pire, une vidéo truquée par une intelligence artificielle, ce qu’on appelle un « deepfake ». Si les algorithmes estiment que le modèle en direct correspond parfaitement au modèle enregistré dans la base, le verrou saute instantanément et vous reprenez la main sur vos données. Tout cela se fait en un clin d’œil, sans aucune ligne de texte à saisir.
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Le guide pratique pour mettre votre visage à l’abri
Si vous voulez tester la chose et vous offrir cette tranquillité d’esprit, sachez que la configuration ne prend que quelques minutes montre en main. Il y a toutefois une règle d’or absolue à garder en tête : il est totalement impossible d’activer cette option si vous êtes déjà bloqué à l’extérieur de votre compte. C’est une démarche préventive, un peu comme le fait de faire un double de ses clés de maison avant de claquer la porte par mégarde. Il faut donc faire la manipulation dès maintenant, pendant que tout va bien.
Voici le chemin à suivre pour faire les choses correctement :
- Connectez-vous sur votre espace personnel en allant sur le site myaccount.google.com.
- Naviguez dans le menu de gauche et cliquez sur l’onglet Sécurité et connexion.
- Faites défiler la page jusqu’à la section intitulée « Comment vous connecter à Google » et cherchez la ligne Vidéo selfie.
- Si vous voulez aller encore plus vite, vous pouvez aussi taper directement l’adresse raccourcie g.co/signin-selfie dans votre navigateur internet.
Une fois que vous y êtes, le site va vous guider pas à pas. Si vous faites cela depuis un ordinateur de bureau qui n’a pas de webcam, pas de panique : un code QR apparaîtra sur votre moniteur. Il vous suffira de le scanner avec votre téléphone pour basculer sur l’écran de votre mobile et utiliser sa caméra frontale, ce qui est souvent bien plus maniable.
Pour que l’enregistrement se passe sans accroc du premier coup, appliquez ces quelques conseils de bon sens. Installez-vous dans une pièce bien éclairée, mais évitez d’avoir une grosse lampe ou une fenêtre directement derrière vous, ce qui créerait un effet de contre-jour gênant pour le capteur. Vos yeux, votre nez et votre bouche doivent être parfaitement visibles. Enfin, assurez-vous d’être seul dans le cadre : si le portrait de votre grand-mère ou le visage de votre enfant apparaît en arrière-plan, l’outil risquerait de s’emmêler les pinceaux et de rejeter la séquence.
Nos données biométriques sont-elles vraiment bien gardées ?
Dès qu’on touche aux traits du visage ou à la biométrie, il est tout à fait normal de ressentir une certaine méfiance. Céder son image à l’un des géants du web n’est jamais un acte anodin, c’est le genre de sujet qui impose de regarder les petites lignes du contrat. Sur ce point, l’entreprise se veut particulièrement rassurante et affirme que l’utilisateur garde les pleins pouvoirs sur ses fichiers. Le clip que vous enregistrez est chiffré lorsqu’il est stocké sur leurs serveurs, ce qui signifie que même en cas de piratage massif, ces données restent illisibles pour des tiers.
De plus, la firme précise bien que cette archive n’a qu’un seul et unique but par défaut : servir de point de comparaison lors de vos pannes de mémoire. L’entreprise ne va pas aller fouiller dedans pour alimenter d’autres services sans votre accord. Cependant, au moment de l’inscription, vous verrez apparaître une petite case à cocher optionnelle. Celle-ci demande si vous acceptez de partager vos données pour aider à améliorer les technologies de reconnaissance faciale ou d’estimation de l’âge de la marque. Notre conseil est plutôt simple : décochez-la. Il n’y a aucune obligation et votre système de secours fonctionnera tout aussi bien sans cela.
Il faut aussi savoir que vous avez un droit à l’oubli total. Si dans six mois ou dans un an vous décidez que cette méthode ne vous convient plus, vous pouvez retourner dans vos réglages et supprimer irrévocablement la vidéo de référence en un clic. Il existe tout de même une petite nuance juridique à connaître. Le fournisseur de services indique que si un compte est suspecté de violer gravement les règles d’utilisation ou d’être impliqué dans des activités frauduleuses, les données de sécurité peuvent être conservées un peu plus longtemps pour des besoins d’enquête. Rien de bien surprenant pour qui respecte les règles du jeu, mais il est toujours bon de le noter.
Votre vidéo selfie sert uniquement à vous aider à vous connecter, sauf si vous optez pour des usages supplémentaires.
Nous utilisons plusieurs couches de sécurité pour aider à prévenir les tentatives d’usurpation d’identité, comme les deepfakes.
Votre vidéo selfie est stockée de manière sécurisée même lorsqu’elle n’est pas utilisée.
Vous pouvez supprimer votre vidéo selfie à tout moment dans votre Compte Google.
Google sur X
Les petits pièges et les cas particuliers à anticiper
Même si cette technologie semble magique sur le papier, elle traîne tout de même quelques limites techniques avec elle qu’il vaut mieux connaître pour s’éviter des surprises désagréables. Tout d’abord, cette mise à jour ne concerne pas tout le monde. Si vous utilisez une adresse professionnelle gérée par votre entreprise via Workspace, ou si vous gérez le compte surveillé d’un enfant, vous pouvez oublier cette option pour l’instant. Les profils inscrits au programme de protection avancée, qui s’adresse par exemple aux journalistes ou aux politiciens ciblés par des cyberattaques, sont eux aussi laissés de côté pour des raisons de protocoles de sécurité beaucoup plus stricts. Vous aurez droit au message : « Selfie non disponible pour la connexion. Le selfie n’est pas disponible comme option de connexion pour ce compte ».
Un autre point concerne le déploiement de cette nouveauté. Comme souvent avec les services qui touchent des milliards d’individus, la bascule se fait par vagues successives. Il est donc tout à fait possible qu’en vous connectant aujourd’hui, vous tombiez sur un message indiquant que la fonction n’est pas encore disponible pour vous. Dans ce cas, pas d’affolement, il faut juste repasser d’ici quelques semaines.
Enfin, il y a le facteur humain : notre apparence physique change au fil du temps. Qu’arrive-t-il si vous décidez de vous laisser pousser une grosse barbe de hipster, si vous changez radicalement de coiffure ou si vous devez porter des lunettes de vue suite à un rendez-vous chez l’ophtalmologue ? Les algorithmes sont plutôt souples, mais ils ont leurs limites. Si votre visage change de façon vraiment marquée, le système pourrait ne plus vous reconnaître le jour J. Pensez donc à refaire une petite mise à jour de votre enregistrement de référence après un relooking extrême, cela vous évitera de vous retrouver coincé à la porte de votre propre messagerie.
Construire un vrai bouclier pour votre vie numérique
Au bout du compte, que faut-il penser de cette option biométrique ? C’est incontestablement un excellent filet de sécurité qui vient combler les failles des anciennes méthodes. Recevoir un code de confirmation sur son mobile, c’est très bien, mais cela ne sert plus à rien si votre smartphone a rendu l’âme au fond d’une piscine ou s’est fait voler dans les transports en commun. Dans ces moments de solitude numérique, pouvoir utiliser le capteur d’un vieil ordinateur ou le téléphone d’un ami pour prouver qui l’on est grâce à ses traits de visage devient une option salvatrice.
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Cependant, il ne faut pas voir cette technologie comme la solution unique à tous vos soucis. Le principe fondamental en informatique reste le cloisonnement et la diversité. L’erreur classique serait de supprimer vos autres options de secours en vous disant que votre visage suffit amplement. La meilleure des protections consiste à combiner les outils : utilisez une clé d’accès moderne (passkey) pour vos connexions quotidiennes sur vos machines de confiance, gardez une adresse e-mail de secours bien propre et active, et ajoutez ce fameux selfie comme outil de dernier recours.
Prenez donc cinq petites minutes aujourd’hui pour aller faire un tour sur le lien g.co/signin-selfie afin de vérifier si votre profil est éligible. C’est le genre de petite routine numérique un peu rébarbative sur le moment, mais que vous vous féliciterez d’avoir accomplie le jour où vous vous retrouverez face à un écran de connexion récalcitrant. Après tout, il vaut mieux prévenir que guérir, surtout quand il s’agit de protéger le cœur de notre quotidien connecté.
Ce qu’il faut retenir :
- Une bouée de sauvetage inédite : Google permet désormais de récupérer l’accès à votre compte grâce à une courte vidéo de votre visage, une option idéale si vous avez égaré votre téléphone ou oublié votre mot de passe.
- Anticipation obligatoire : Cette fonctionnalité est purement préventive. Vous devez impérativement enregistrer votre vidéo de référence tant que vous avez encore accès à votre compte ; après, il sera trop tard.
- Un système anti-triche : L’outil ne se laisse pas berner par une simple photo ou un deepfake. Il exige des mouvements de tête en direct pour valider votre identité grâce à une détection de vivacité.
- Vos données sous clé : La vidéo est chiffrée et sert uniquement à la connexion. Vous gardez le contrôle total et pouvez la supprimer de votre historique à tout moment.
- Une option, pas un remplacement : Ce dispositif vient renforcer votre sécurité, mais il ne remplace pas les passkeys ni les e-mails de secours. C’est l’accumulation des méthodes qui protège au mieux votre vie numérique.