Journée de la procrastination ce mercredi : et si on arrêtait de culpabiliser ?

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C’est un rendez-vous annuel un peu à part qui s’est glissé dans nos calendriers : la Journée mondiale de la procrastination. Chaque 25 mars, on s’amuse de ce penchant très humain qui consiste à repousser les corvées au profit de plaisirs immédiats. Mais au-delà de la boutade, que se cache-t-il réellement derrière ce comportement ? Entre psychologie, neurosciences et petits travers du quotidien, explorons pourquoi notre cerveau préfère parfois regarder une vidéo de chat plutôt que de boucler ce dossier urgent. Pour terminer le petit tour du BeMac de ce milieu de semaine, nous fêtons aussi l’Annonciation.
Une femme qui procrastine dans un hamac (Crédit : Alex.I)
Une femme qui procrastine dans un hamac (Crédit : Alex.I)

Un mot compliqué pour un réflexe très ancien


Si vous avez du mal à prononcer le mot du premier coup, rassurez-vous, c’est normal. Le terme vient du latin « pro » (en avant) et « crastinus » (du lendemain). Littéralement, c’est l’art de remettre à plus tard. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas une invention moderne liée aux réseaux sociaux ou à Internet. Les philosophes grecs en parlaient déjà sous le nom d’« akrasia », ce moment étrange où l’on agit contre son propre jugement en choisissant la facilité alors qu’on sait pertinemment qu’on devrait faire autre chose.

Le 25 mars est devenu une sorte de soupape de sécurité. C’est l’occasion de reconnaître, avec une pointe d’humour, que nous ne sommes pas des machines de guerre de la productivité. Cette journée nous invite à réfléchir sur nos habitudes de gestion du temps, sans pour autant nous flageller. Après tout, s’accorder le droit de souffler un peu fait aussi partie de l’équilibre nécessaire pour tenir sur la durée.

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Ce n’est pas une maladie, mais un message du cerveau


Démystifions tout de suite une idée reçue : non, procrastiner n’est pas une pathologie que l’on soigne avec des médicaments. C’est avant tout un comportement, une habitude qui s’installe. Cependant, il arrive qu’elle soit le symptôme visible d’autre chose de plus profond. Les spécialistes du sujet remarquent souvent que ce réflexe de fuite est lié à l’anxiété ou à la peur de mal faire.

Dans certains cas plus spécifiques, ce comportement peut être accentué par des troubles comme le TDAH (le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou des épisodes dépressifs. Mais pour l’immense majorité d’entre nous, c’est simplement une gestion délicate de nos émotions face à une tâche qui nous pèse. On ne repousse pas le travail parce qu’on est malade, mais parce que l’idée de s’y mettre provoque un inconfort que le cerveau cherche à éviter à tout prix.

Sommes-nous vraiment devenus tous fainéants ?


C’est souvent la critique que l’on entend : « Les gens ne veulent plus rien faire ». Pourtant, la paresse et la procrastination sont deux cousines qui ne se ressemblent pas tant que ça. Le paresseux, lui, n’a tout simplement pas l’intention d’agir et il le vit plutôt bien. Le procrastinateur, en revanche, a très envie de terminer sa tâche, mais il se retrouve bloqué devant une montagne invisible. Cela génère de la culpabilité, du stress et parfois même une fatigue plus intense que si le travail avait été fait.

Il y a beaucoup de profils différents dans cette discipline olympique du report de tâche :

  • Le perfectionniste qui a tellement peur que le résultat ne soit pas à la hauteur qu’il préfère ne pas commencer.
  • L’optimiste qui pense sincèrement qu’il aura « tout le temps du monde » demain matin (ce qui est rarement vrai).
  • Le rebelle qui, inconsciemment, repousse ce qu’on lui impose pour garder un sentiment de contrôle sur son emploi du temps.
  • Celui qui fonctionne à l’adrénaline et qui a besoin de l’urgence de la dernière minute pour se sentir efficace.

Comme vous le voyez, on est loin de la simple envie de faire la sieste. C’est une mécanique complexe où l’environnement joue aussi un rôle énorme.

La dictature de la motivation et les pièges du quotidien


Pourquoi est-ce si dur de s’y mettre ? Parfois, c’est juste une question de clarté. Si une mission est trop floue ou trop vaste, notre esprit sature. C’est ce qu’on appelle l’effet d’« overwhelm » ou de submersion. On regarde la montagne, on ne voit pas le sentier, alors on reste au pied.

Ajoutez à cela nos smartphones et leurs notifications permanentes. Ils sont les meilleurs alliés de notre tendance à la dispersion. Chaque « bip » est une excuse parfaite pour interrompre une tâche difficile. On se dit : « Je regarde juste ce message et je m’y remets ». Et vingt minutes plus tard, on est en train de scroller sur un fil d’actualité sans fin. On cherche une gratification immédiate (un petit shot de dopamine) pour compenser l’ennui ou la difficulté de l’effort demandé.
Comment s’en sortir sans devenir un robot ?
L’idée n’est pas de supprimer totalement la procrastination, c’est quasi impossible et peut-être même un peu triste, mais d’apprendre à vivre avec. Plusieurs astuces élémentaires peuvent changer la donne au quotidien :

  • La technique du « premier petit pas » : au lieu de vouloir rédiger un rapport de 10 pages, fixez-vous l’objectif d’écrire juste trois lignes. Souvent, c’est le démarrage qui est le plus coûteux.
  • Découper les gros morceaux : transformez vos projets ambitieux en une suite de mini-tâches très concrètes et rapides à valider.
  • S’accorder de vraies pauses : procrastiner, c’est souvent faire une pause qu’on ne s’autorise pas vraiment. En planifiant des moments de détente totale, on réduit le besoin de « tricher » pendant le travail.
  • Réduire les distractions : mettre son téléphone dans une autre pièce ou couper les onglets inutiles sur son navigateur.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) donne aussi d’excellents résultats pour ceux qui sentent que ce trait de caractère devient un vrai handicap dans leur vie professionnelle ou personnelle. Elle aide à identifier les pensées automatiques qui nous poussent à fuir.

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Une journée pour décompresser, mais pas trop non plus


Le mot d’ordre de ce 25 mars est clair : « on verra cela plus tard ! ». C’est une invitation à lâcher prise, à rire de nos propres blocages et à partager nos tactiques de détournement les plus créatives. C’est sain de déculpabiliser un bon coup.

Mais attention au revers de la médaille. Comme le souligne le dicton, remettre au lendemain finit toujours par nous rattraper. La pile de dossiers ne diminue pas par magie pendant que nous regardons ailleurs. Pire, elle semble grossir et devenir de plus en plus intimidante. Alors, profitez bien de cette journée pour procrastiner officiellement, mais dès demain, essayez de reprendre les rênes. Votre « vous » du futur vous remerciera d’avoir enfin coché cette case sur votre liste de choses à faire.
 

Ce qu’il faut retenir :

  • Ce mercredi 25 mars 2026, une journée entière est dédiée à l’art de tout remettre à plus tard, une manière de déculpabiliser avec humour face à nos listes de tâches interminables.
  • La procrastination n’est pas de la paresse, mais plutôt un mécanisme de défense de notre cerveau face à l’anxiété, au perfectionnisme ou à une charge de travail qui nous semble insurmontable.
  • Ce n’est pas une maladie, même si ce comportement peut parfois être lié à des troubles de l’attention (TDAH) ou à une gestion émotionnelle un peu complexe au quotidien.
  • L’organisation est la clé pour s’en sortir : découper ses objectifs en tout petits pas et limiter les distractions numériques permet souvent de briser le cycle du report.
  • Le piège reste l’accumulation, car si s’accorder du répit est essentiel, le travail ignoré finit toujours par créer un stress plus important une fois le pied du mur atteint.
Thierry Chabot
Thierry Chabot
Passionné d'informatique depuis ses débuts sur PC-1512, Thierry est l'expert référent de TheSiteOueb pour les thématiques liées au Web, aux OS et à la sécurité informatique. Acteur engagé de l'entraide communautaire sous le pseudonyme Cthierry, il met son expertise technique au service des utilisateurs pour décrypter l'actualité numérique et résoudre leurs problématiques quotidiennes.
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