Appels frauduleux en 06 ou 07 : l'Arcep monte le ton face à l'échec des blocages
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Rubrique Cyber-Sécurité
On nous avait promis une année 2026 plus sereine avec la fin du spoofing, cette technique bien rodée qui permet aux escrocs d'afficher un faux numéro sur votre écran. Pourtant, entre les faux conseillers bancaires et les arnaques au CPF, la réalité est bien plus sombre. Face à une explosion record des plaintes, le gendarme des télécoms vient de sortir l'artillerie lourde. L'Arcep a lancé officiellement une enquête administrative contre les principaux opérateurs mobiles français pour comprendre pourquoi le filtrage fuit de toutes parts et pourquoi, malgré les nouvelles lois, votre téléphone continue de sonner pour des prunes.
La douche froide du début d'année
Franchement, on y a cru. Le 1er janvier dernier devait marquer un tournant avec l'obligation pour Orange, SFR, Bouygues et les autres de masquer systématiquement les appels non authentifiés venant de l'étranger. L'idée était simple : si un appel arrive de l'autre bout du monde mais prétend être un 06 bien de chez nous, il finit directement à la trappe ou s'affiche comme masqué. Mais voilà, dans les faits, c'est la Bérézina. Les témoignages sur la plateforme J’alerte l’Arcep montrent un tableau catastrophique. Imaginez un peu, on est passé de quelques centaines de signalements il y a deux ans à presque vingt mille l'an dernier. C'est colossal et ça prouve bien que les dispositifs techniques mis en place ressemblent plus à une passoire qu'à un vrai bouclier.
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Le gendarme sort enfin les griffes
C’est donc le 29 janvier que l’autorité a décidé que la récréation était terminée. Avec sa décision n° 2026-0113-RDPI, elle ne se contente plus de donner des conseils, elle exige des comptes. Cette enquête administrative vise tout le monde, des géants historiques aux petits nouveaux du secteur. L'objectif est clair : remonter le fil du réseau. Le régulateur veut savoir par quel chemin ces appels bidon arrivent jusqu'à nos oreilles. Il s'agit de voir si les entreprises jouent vraiment le jeu de la loi Naegelen qui, sur le papier, les oblige à certifier l'identité de celui qui appelle. En gros, on veut savoir qui fait quoi et surtout, qui ne fait rien.
Les signalements d’usurpation de numéros enregistrés sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » ont fortement crû, de 531 en 2023 à plus de 19 000 en 2025, constituant désormais la première cause de signalement adressée à l’Arcep. Les victimes décrivent fréquemment des situations de détresse ou d’incompréhension quand elles reçoivent des appels d’inconnus qui leur reprochent des appels frauduleux ou de démarchages, dont elles ne sont pourtant pas responsables.
Arcep
Les ruses toujours plus tordues des fraudeurs
Ce qui rend dingue, c'est la facilité avec laquelle ces types nous manipulent. Ils utilisent des logiciels souvent très basiques pour usurper une identité. En affichant un numéro de mobile classique, ils baissent notre garde. On répond plus facilement à un 06 ou 07 qu'à un numéro inconnu ou étranger, c'est humain. Derrière, ils se font passer pour votre banque ou une administration pour vous soutirer des codes ou de l'argent, ou bien pour vous vendre de la rénovation énergétique en se faisant passer pour un conseiller EDF. Et le pire, c'est que la plupart de ces flux transitent par des routes internationales complexes. L'Arcep soupçonne que les maillons de la chaîne ne sont pas assez solides et que certains acteurs ferment un peu trop les yeux sur ce qui circule dans leurs tuyaux.
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Vers des sanctions et des amendes
Si l'enquête démontre que les opérateurs ont traîné les pieds, ça risque de chauffer pour eux. Le régulateur n'est pas là pour faire de la figuration et peut sortir le carton rouge, ou plutôt de grosses amendes. On attend d'eux qu'ils utilisent à fond les outils comme STIR/SHAKEN, un système censé garantir que le numéro qui s'affiche est le bon, un peu comme une pièce d'identité numérique pour chaque appel. Pour l'instant, le constat est amer : les arnaques n'ont jamais été aussi nombreuses. L'enquête va donc servir de grand ménage de printemps pour identifier les défaillances. Pour nous, pauvres usagers, c'est le seul espoir de retrouver un peu de paix quand le téléphone vibre dans notre poche.
Ce qu’il faut retenir :
- Enquête choc de l'Arcep : Le gendarme des télécoms a lancé une procédure administrative officielle contre les opérateurs français pour traquer les failles qui permettent encore le spoofing.
- Explosion des arnaques : Malgré les promesses, les signalements pour usurpation d'identité ont bondi de 500 à plus de 19 000 en deux ans, prouvant l'inefficacité des filtres actuels.
- Le filtrage des appels en échec : La mesure de masquage automatique des appels non authentifiés venant de l'étranger ne suffit pas à bloquer les faux numéros en 06 ou 07 qui polluent nos mobiles, ou bien, n’est pas en place chez les opérateurs.
- Sanctions en vue : Les opérateurs sont désormais sous haute surveillance ; s'ils ne respectent pas strictement leurs obligations d'authentification, ils s'exposeront sans aucun doute à de lourdes amendes.