D’Émile Reynaud à l’ère numérique : le 28 octobre, l’animation mondiale en pleine lumière
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Rubrique Tendances & Actus
Ce mardi 28 octobre 2025, le monde entier célèbre l’art et la technique du cinéma d’animation, une journée spéciale lancée par l’ASIFA pour commémorer la toute première projection publique d’un dessin animé, réalisée par Émile Reynaud à Paris en 1892. Pour cette 24ᵉ édition, la Fête du cinéma d’animation, coordonnée en France par l’AFCA, déploie un programme exceptionnel d’événements, invitant le public de tous âges à plonger dans cet univers de créativité sans limites. Des classiques intemporels aux innovations numériques, venez découvrir pourquoi cet art visuel, fleuron de la culture française, continue de nous émerveiller et d’innover à travers le monde. Pour terminer le petit tour du Bemac de ce jour de ce second jour de la semaine, nous fêtons aussi les Jude.
Le 28 octobre : un jour spécial pour les passionnés d’images animées
La magie opère encore, et ce mardi 28 octobre 2025 n’échappe pas à la règle. On célèbre ce jour-là la Journée mondiale du cinéma d’animation. C’est une fête qui n’est pas toute jeune, puisqu’elle a été lancée il y a plus d’une vingtaine d’années par l’ASIFA, l’Association internationale du film d’animation. La date n’a pas été choisie au hasard, évidemment. Elle renvoie à un moment historique, fondateur même, de cet art : la toute première projection publique d’un dessin animé, en 1892. C’est Émile Reynaud qui avait à l’époque présenté son fameux Théâtre Optique, une prouesse technologique pour l’époque, qui a eu lieu à Paris. Depuis, cette date est devenue un point de ralliement annuel, mobilisant plus de 50 pays à travers le globe, et c’est d’ailleurs la 24ᵉ édition qu’on célèbre cette année. Ce n’est donc pas juste un anniversaire, c’est surtout l’occasion de mettre en avant un secteur qui ne cesse de surprendre, d’émerveiller et d’innover.
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Une date historique pour le « dessin animé »
Ce 28 octobre 1892, c’est le point de départ de tout. Il faut imaginer l’ambiance au Musée Grévin à Paris, quand Émile Reynaud a dévoilé ses « Pantomimes Lumineuses ». Ce qu’il a montré, ce n’est pas du cinéma comme on l’entend aujourd’hui, mais c’était l’animation dans son essence. Son appareil, le Théâtre Optique, utilisait une longue bande de dessins sur gélatine, projetée sur un écran grâce à un jeu de miroirs et de lentilles. Ça permettait de créer l’illusion du mouvement, une séquence narrative qui captive le spectateur.
Sans cette invention, qui est la première projection publique payante d’images animées sur grand écran, le cinéma d’animation n’aurait sans doute pas pris la même trajectoire. C’est une première mondiale qui a posé les bases de tout ce qu’on aime aujourd’hui, de Disney à Ghibli, en passant par nos propres studios français. Honorer cette date, c’est rendre hommage à l’audace et à la créativité de ce pionnier, un visionnaire qui a su transformer des dessins figés en une véritable histoire qui bouge.
Une fête qui s’étend bien au-delà des salles obscures
L’Association Française du Cinéma d’Animation (AFCA) joue un rôle clé dans l’organisation de cet événement chez nous. La fête, elle, ne se limite pas à la seule Journée mondiale, puisqu’elle s’étale sur une bonne partie du mois d’octobre. Du 11 au 31, l’animation est partout. C’est un maillage incroyable de plus d’un millier d’événements, avec près de 300 structures, on parle de cinémas, de médiathèques, d’écoles, de centres culturels, qui se mobilisent partout en France et même au-delà de nos frontières. Le programme est toujours dense, pour tous les goûts et tous les âges. On y trouve bien sûr des projections de films récents, mais aussi des pépites plus anciennes, sans oublier les courts métrages, qui sont souvent le terreau de l’innovation dans ce domaine. Mais ça va beaucoup plus loin qu’une simple séance de cinéma.
C’est Sophie Racine, réalisatrice, animatrice et illustratrice, qui a créé l’affiche de cette 24e édition de la fête du cinéma d’animation. Elle a imaginé un grand rassemblement coloré. Geais des chênes, bouvreuils, mésanges, chardonnerets, huppes fasciées et rolliers d’Europe se sont donnés rendez-vous et animeront d’un feuillage flamboyant l’arbre aux branches nues. Une affiche qu’elle a voulue pleine de mouvements et de vie pour célébrer ce moment convivial.
L’affiche de l’AFCA
Des événements pour toucher du doigt la création
Si l’animation nous paraît parfois être un art un peu mystérieux, surtout quand on voit le niveau de détail des productions actuelles, cette Journée est l’occasion de lever le voile. Une grande partie de l’intérêt de la manifestation réside dans la possibilité de rencontrer ceux qui font ces films. De nombreux professionnels, réalisateurs, animateurs, bruiteurs, scénaristes, se déplacent pour partager leur passion, expliquer leurs techniques. Les structures organisent d’ailleurs des ateliers très variés : on peut s’initier au stop motion (l’animation image par image avec des objets), essayer le doublage ou même apprendre à créer son propre flip book. Ces activités sont cruciales, car elles rappellent que derrière l’écran, il y a un travail artisanal, une patience d’orfèvre et un vrai savoir-faire technique. L’idée, c’est de rendre l’animation concrète et accessible, et de donner peut-être envie à la prochaine génération de s’y mettre, justement.
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L’animation française, un fleuron qui se porte bien
On a de la chance en France, car l’animation y est particulièrement riche et reconnue dans le monde entier. Malgré la concurrence parfois écrasante des géants américains, les studios français comme Folimage ou Gebeka Films continuent de sortir des œuvres originales et souvent primées. Rien que pour l’automne 2025, on a de très belles sorties qui montrent la diversité de la production nationale. Prenons l’exemple de « Marcel et Monsieur Pagnol » de Sylvain Chomet, un réalisateur au style unique qu’on avait découvert avec « Les Triplettes de Belleville ». Il revisite l’enfance de l’auteur provençal avec une patte graphique inimitable.
Il y a aussi « Arco », le film d’Ugo Bienvenu, qui a d’ailleurs raflé le Cristal du long-métrage au prestigieux Festival d’Annecy cette année-là. C’est un film de science-fiction très poétique, avec un message écologique fort. Ces films montrent qu’on est capable de créer des histoires originales, techniquement brillantes, et qui font écho à des thématiques très contemporaines, touchant à la fois les enfants et les adultes.
Le rendez-vous est aussi en ligne
Forcément, avec le temps, l’événement a évolué pour s’adapter à nos modes de consommation. On sait bien que tout le monde ne peut pas se rendre en salle, et la Journée mondiale a pris le virage numérique. L’AFCA propose un volet en ligne vraiment intéressant, avec une plateforme dédiée pour l’occasion (on peut y accéder facilement via l’adresse fete-cinema-animation.fr). On y trouve notamment des sélections de courts métrages primés, des interviews et des rencontres avec des réalisateurs.
Cela permet à ceux qui sont loin des centres urbains ou juste trop occupés, de participer quand même à la fête et de découvrir des œuvres qu’ils n’auraient pas vues autrement. C’est une formidable vitrine virtuelle qui renforce l’idée que l’animation n’a pas de frontières, qu’elles soient géographiques ou temporelles. On y trouve par exemple des films salués dans des festivals internationaux, souvent difficiles à dénicher. C’est donc une très belle occasion de voyager, un peu, depuis son canapé.
L’IA, une efficacité redoutable qui interroge l’éthique
Difficile de faire l’impasse, en 2025, sur l’intelligence artificielle quand on parle de l’avenir de l’animation. Ces technologies, on le voit bien, sont en train de rebattre les cartes. Prenons l’exemple des outils actuels : ils peuvent maintenant créer des textures, fabriquer des décors complets, ou même donner vie à des séquences entières rien qu’avec quelques mots. C’est fou de se dire que des semaines de travail peuvent être condensées ainsi, parfois en quelques heures. C’est une véritable révolution en matière de productivité, qui permet aux petits studios de rivaliser avec les grandes maisons de production. Mais, forcément, cela soulève une question fondamentale, surtout en un jour où l’on célèbre l’héritage artisanal d’Émile Reynaud : si une machine s’occupe du dessin, de la colorisation et même des mouvements, que reste-t-il de la main de l’artiste ?
L’outil est certes capable d’imiter le style, de reproduire la fluidité, mais le public et les créateurs eux-mêmes s’interrogent sur la capacité de ces images, générées par des algorithmes, à transmettre la sensibilité, l’« âme » ou l’imperfection si chères aux œuvres humaines. Pour l’heure, l’IA se présente plus comme un assistant de luxe, mais son rôle de plus en plus central dans la simplification du processus pourrait bien obliger la profession à redéfinir, très bientôt, les frontières mêmes de la création animée.
L’animation, c’est bien plus qu’un genre
Pour finir, il est essentiel de rappeler ce que représente l’animation. C’est souvent rangé dans la catégorie « film pour enfants », mais c’est une erreur. L’animation, c’est une technique et un art narratif qui permet toutes les folies, toutes les expressions. On peut y explorer des thèmes graves, aborder la complexité du monde, ou simplement laisser libre cours à une imagination débridée que le cinéma classique ne peut pas toujours se permettre, pour des raisons techniques ou budgétaires. C’est un art total, qui continue d’évoluer, d’absorber les nouvelles technologies, comme la réalité virtuelle, tout en gardant un lien fort avec ses méthodes traditionnelles, comme la peinture animée ou la marionnette.
En célébrant cette Journée mondiale, on ne fait pas que se souvenir d’Émile Reynaud. On célèbre surtout la capacité de l’Homme à donner vie à ce qui est inanimé, à nous émouvoir et à nous faire rêver, image après image. Alors, si vous n’avez pas encore fait le pas, c’est le moment idéal pour aller dans une salle ou vous connecter, et plonger dans cet univers vraiment unique.