Journée des célibataires : au-delà du Single’s Day, qui sont les célibataires en France ?

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Ce mardi 11 novembre, c’est la Journée internationale des célibataires, le « Single’s Day ». Même si cette fête est peu connue en France, c’est l’occasion pour les personnes seules de célébrer la fierté d’être célibataire, ou de se dire qu’il est temps de rompre avec le célibat. Elle a été créée dans les années 90 par un groupe d’étudiants chinois qui voyaient dans cette date un signe, en Chine, le chiffre « 1 » représente l’individualité. Selon l’INSEE, on estime que près de 18 millions de Français sont célibataires. Pour terminer le petit tour du BeMac de ce second jour de la semaine, nous fêtons aussi les Martin.
Une simple discussion entre une femme et un homme (Crédit : Pixabay)
Une simple discussion entre une femme et un homme (Crédit : Pixabay)

« Single’s Day » : le 11 novembre, bien plus qu’une braderie en ligne


Chaque 11 novembre, la Chine célèbre le « Single’s Day », un évènement qui est à l’origine une fête pour les personnes seules, et qui est devenu, sous l’impulsion d’Alibaba, la plus grosse opération commerciale au monde. Si cette dimension de « braderie » éclipse souvent le message initial, cette journée pose une question simple, mais fondamentale : quel est le poids réel du célibat en France ? Avec 18 millions de personnes concernées, ce statut est loin d’être marginal et soulève des enjeux sociétaux de taille, de l’évolution des modes de vie à la manière dont l’amour se construit en 2025, généralement loin des clichés.

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Une France de plus en plus « seule » : 18 millions de célibataires


Quand on entend le chiffre de 18 millions de célibataires en France, on se dit forcément qu’il y a un mouvement de fond. Et en effet, il y a bien une réalité statistique derrière la Journée internationale des célibataires : en France, le célibat concerne près de 36 % des plus de 18 ans. Vous avez bien lu : plus d’un adulte sur trois se déclare célibataire. Mais attention, cela ne veut pas dire qu’on se dirige vers un futur où tout le monde vivra seul. Le célibat, c’est un statut légal ou relationnel qui englobe beaucoup de situations : ceux qui n’ont jamais été en couple, les divorcés, les séparés, ou encore les veufs. Ce qui est flagrant, c’est que cette proportion est plus marquée chez les hommes, qui sont environ 40 % à être célibataires, contre 32 % chez les femmes.

Ce qui est encore plus intéressant, c’est que ce statut n’est pas uniquement l’apanage de la jeunesse. Certes, les jeunes adultes explorent, mais une grande partie de cette population seule a plus de 50 ans. Dans cette tranche d’âge, le veuvage et les divorces tardifs expliquent en grande partie cette donnée. C’est l’indice d’une société où les parcours amoureux sont moins linéaires, où l’on se remet en question et où l’on est prêt à se reconstruire, même après plusieurs décennies de vie commune. Au fond, ces millions de personnes nous rappellent simplement que la norme du couple « pour toujours » est en train de s’assouplir, pour laisser place à plus d’individualité.

L’enjeu de la vie solo : une personne seule n’est pas forcément célibataire


Il y a une autre statistique qui nous aide à comprendre ce changement de société, c’est celle des personnes qui vivent seules. Finie l’époque des grandes tablées de famille systématiques. En France, la proportion de gens vivant seuls a presque triplé depuis les années 1960. Aujourd’hui, on parle d’environ 11 millions de personnes qui composent un ménage d’une seule personne, un chiffre qui était déjà celui de 2019 et qui continue sa progression. Il est important de bien faire la distinction : le célibat, c’est ne pas être engagé dans une relation amoureuse ou matrimoniale, tandis que vivre seul renvoie à l’occupation du logement. Beaucoup de célibataires ne vivent pas seuls, ils sont en colocation, chez leurs parents, ou ont des liens familiaux et amicaux très forts.

Toutefois, la tendance est claire : les prévisions pour 2050 indiquent que la hausse du nombre de ménages sera quasi exclusivement portée par l’augmentation du nombre de personnes qui vivent seules, et notamment celles de plus de 60 ans. Cela pose des questions d’aménagement du territoire, de logement, et bien sûr, de lien social. Car même si certains choisissent cette solitude pour des raisons de confort et d’indépendance, on ne peut pas ignorer l’enjeu de l’isolement. D’après la Fondation de France, près de 12 % des Français de plus de 15 ans se trouvent en situation d’isolement relationnel, c’est-à-dire qu’ils n’ont que très peu de contacts. Et ceux qui vivent seuls, en particulier les plus précaires, sont les plus exposés à ce fléau.

Comment les célibataires se rencontrent-ils en 2025 ?


Alors, quand on est seul et qu’on cherche à l’être moins, comment fait-on en 2025 ? Bien sûr, on ne peut pas parler de rencontres sans évoquer les applications, qui sont toujours là et très utilisées, notamment par la génération Z. Mais, il y a une vraie mutation dans la manière dont les gens abordent le dating. On sent une fatigue générale des relations sans lendemain, les fameux « situationships », où l’on se fréquente sans jamais mettre d’étiquette. Du coup, les célibataires sont plus exigeants, et surtout, plus transparents sur ce qu’ils veulent.

Une tendance forte qui émerge, c’est le « Future-Proofing ». C’est un terme qui vient du monde de l’entreprise et qui consiste, en gros, à s’assurer de la viabilité d’une relation sur le long terme dès les premières rencontres. Fini le temps des faux-semblants pour un premier date. Les discussions portent rapidement sur les valeurs, les objectifs de vie, les projets futurs. Il y a une quête de stabilité émotionnelle très marquée, qui fait que les gens préfèrent s’économiser du temps et de l’énergie avec des relations qui n’iront nulle part. Pour faire simple, si vous ne voyez pas de futur avec quelqu’un, à quoi bon investir ?

À côté de ça, on voit aussi monter le « Comfy Dating », qui privilégie les rencontres simples, sans chichis, dans des tenues décontractées, autour d’activités relaxantes. Le but est de créer une connexion authentique, sans la pression de la perfection. Et puis, il y a la valorisation de l’amitié avant le romantisme, l’idée qu’une relation durable doit s’appuyer sur une base solide de confiance mutuelle. En fin de compte, que ce soit via un algorithme, une soirée entre amis, ou autour d’une passion commune, le maître mot du dating en 2025, c’est l’authenticité. Les gens veulent se montrer tels qu’ils sont, avec leurs failles et leurs envies, pour bâtir des liens qui ont du sens.

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Single’s Day : entre fête commerciale et réhabilitation de l’individualité


Tout ça nous ramène à ce fameux 11 novembre. Au départ, cette fête chinoise était une manière simple de célébrer la fierté d’être célibataire. Mais, avec l’énorme coup de pouce d’Alibaba et son « Black Friday » à la chinoise, la dimension commerciale a pris le dessus. Il ne faut pas s’y tromper, la France n’est pas la Chine. Chez nous, le « Single’s Day » est encore loin de détrôner les ventes du Black Friday, même si les commerçants commencent à y voir un bon moyen de lancer les hostilités promotionnelles avant les fêtes de fin d’année, en ciblant notamment ceux qui vivent seuls.

Mais, même en France, au-delà de l’aspect shopping, cette journée a le mérite de mettre en lumière ces millions d’individus. Elle offre une opportunité, même indirecte, de rompre avec l’image stigmatisante du célibat. Si l’on en croit les études, beaucoup de célibataires se sentent encore jugés ou mis à l’écart par leur entourage. Le 11 novembre, qu’on le fête autour d’un bon repas entre amis ou simplement en s’offrant un petit plaisir égoïste (c’est le concept de la braderie, après tout !), c’est l’occasion de dire que ce statut n’est pas une fatalité. C’est juste une étape, choisie ou subie, qui ne définit en rien la valeur d’une personne. C’est un moment pour célébrer l’individualité et pour se rappeler que les parcours de vie sont multiples et que l’amour, sous toutes ses formes, continue d’être recherché, mais avec plus de lucidité et d’authenticité.

( Temps de lecture : 8 minutes | L’illustration de notre article provient de 5688709 sur le site Internet Pixabay. Si l’image vous intéresse, vous pouvez faire un don sur le site avant de la télécharger )
 
Thierry Chabot
Thierry Chabot
Passionné d'informatique depuis ses débuts sur PC-1512, Thierry est l'expert référent de TheSiteOueb pour les thématiques liées au Web, aux OS et à la sécurité informatique. Acteur engagé de l'entraide communautaire sous le pseudonyme Cthierry, il met son expertise technique au service des utilisateurs pour décrypter l'actualité numérique et résoudre leurs problématiques quotidiennes.
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