Journée du chapeau : pourquoi cette tradition américaine envahit la France ce matin ?
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Rubrique Tendances & Actus
Avez-vous remarqué ces silhouettes un peu plus élégantes ou originales que d’habitude dans la rue aujourd’hui ? Ce n’est pas un hasard. Chaque 15 janvier, une tradition informelle mais grandissante nous invite à sortir nos plus beaux couvre-chefs du placard. Que vous soyez adepte du bonnet discret, de la casquette ou du fedora audacieux, la Journée nationale du chapeau (ou National Hat Day en anglais) célèbre cet accessoire qui, bien plus qu’un simple bout de tissu, raconte une partie de notre histoire humaine. Pour terminer le petit tour du BeMac de ce milieu de semaine, nous fêtons aussi les Rémi.
Un rendez-vous pour le plaisir du style
Le 15 janvier, c’est un peu le moment où l’on s’autorise une petite fantaisie vestimentaire sans se poser de questions. Cette journée, qui a vu le jour aux États-Unis dans les années 1980, s’est doucement fait une place chez nous. Au départ, elle animait surtout les écoles ou les bibliothèques américaines, mais avec l’essor d’Internet et de la mode partagée sur les réseaux, elle a fini par traverser l’Atlantique. Aujourd’hui, on en parle sur les blogs et dans les boutiques de chapellerie en France comme d’un événement mondial. L’idée est toute simple : porter ce que l’on aime, que ce soit une casquette de sport, un béret très « à la française » ou un panama. C’est une fête légère, sans protocole, où l’on s’amuse simplement à affirmer son look avant de poster, pourquoi pas, une petite photo pour marquer le coup.
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Attention à ne pas confondre les dates
Il arrive souvent qu’on s’emmêle les pinceaux avec une autre date, celle du 26 mars. Pourtant, les deux événements n’ont strictement rien en commun, si ce n’est l’objet qu’ils mettent en avant. Si la fête de janvier est purement ludique et axée sur l’esthétique, celle du printemps porte un message bien plus profond et sérieux. Appelée « Wear a Hat Day » par nos voisins anglophones, elle sert à sensibiliser le grand public à la recherche sur les tumeurs cérébrales. Dans ce contexte-là , porter un chapeau original devient un geste de solidarité pour collecter des fonds ou attirer l’attention sur cette cause médicale importante. On ne cherche pas seulement à être beau ou stylé, on participe à un élan caritatif. Il est donc utile de bien distinguer l’aspect festif de ce jeudi et l’engagement solidaire de mars.
Des premiers tressages aux symboles de liberté
Si l’on regarde un peu en arrière, on se rend compte que l’humain a toujours eu envie de se couvrir le haut du crâne. Déjà à l’époque de la préhistoire, il semble que nos ancêtres utilisaient des fibres tressées pour se protéger. Les archéologues ont trouvé des indices sur des figurines vieilles de près de 30 000 ans ! Plus tard, durant l’Antiquité, le chapeau devient un véritable marqueur social. Chez les Grecs, on portait le pétase pour éviter les coups de soleil lors des longs voyages. À l’inverse, le pileus, ce petit bonnet en feutre, représentait la liberté retrouvée pour les esclaves affranchis. C’est d’ailleurs cette symbolique de libération que l’on retrouvera bien plus tard avec le célèbre bonnet phrygien pendant la Révolution française. Comme quoi, un simple vêtement peut porter des idées politiques puissantes.
Le chapeau comme miroir de la société
Au fil des siècles, la forme des couvre-chefs a suivi l’évolution des mœurs et des hiérarchies. Au Moyen Âge, si vous étiez une femme de la haute noblesse, vous portiez probablement un hennin, cette coiffe conique immense et parfois un peu encombrante. Les paysans, eux, se contentaient de bonnets simples et robustes. Puis sont venus les temps des militaires et de la cour, avec le tricorne cher à Louis XIV, ou le bicorne que l’on associe immédiatement à l’image de Napoléon. C’était une époque où sortir tête nue était presque impensable pour quelqu’un de respectable. Le chapeau servait à dire qui l’on était avant même d’avoir ouvert la bouche.
L’âge d’or et la diversité du XIXe siècle
Le dix-neuvième siècle a sans doute été la période la plus prolifique pour la chapellerie. C’est le moment où le haut-de-forme s’impose sur la tête des bourgeois et des dirigeants, comme Abraham Lincoln. Mais c’est aussi l’époque des inventions pratiques qui sont devenues des icônes culturelles :
- Le chapeau melon : créé en 1849 pour protéger la tête des gardes-chasse contre les branches basses, il est devenu mondialement célèbre grâce au personnage de Charlot créé par Charlie Chaplin.
- Le canotier : ce chapeau de paille léger, indissociable des déjeuners au bord de l’eau et des peintres impressionnistes.
- Le panama : contrairement à ce que son nom indique, il vient d’Équateur, mais il a pris ce nom car il transitait par le canal de Panama pour être exporté partout dans le monde.
La mutation du XXe siècle
Avec l’arrivée des années 1920, la mode change radicalement. Les femmes coupent leurs cheveux « à la garçonne » et adoptent le chapeau cloche, qui épouse parfaitement cette nouvelle silhouette. Plus tard, le cinéma noir et blanc popularise le fedora et le trilby, portés par les détectives ou les gangsters à l’écran. Après la Seconde Guerre mondiale, c’est la casquette de baseball qui commence son ascension fulgurante. D’abord réservée aux terrains de sport dès le milieu du XIXe siècle, elle finit par envahir la culture populaire, portée par le hip-hop et la mode décontractée, jusqu’à devenir aujourd’hui l’accessoire le plus porté sur la planète.
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Un déclin relatif et un retour en grâce
Il est vrai qu’à partir des années 1960, le port systématique du chapeau a un peu disparu. On l’explique souvent par la démocratisation de la voiture (où le plafond est parfois trop bas pour un haut-de-forme !), par des coiffures plus travaillées que l’on n’a plus envie de cacher, ou simplement par une mode devenue plus « casual ». Pourtant, il n’a jamais vraiment dit son dernier mot. Aujourd’hui, il revient en force comme un outil de distinction personnelle. On le porte pour se protéger du soleil avec élégance, pour braver la pluie, ou simplement parce qu’il termine une tenue. Qu’il s’agisse d’un large chapeau de cowboy, d’un bonnet de laine bien chaud ou d’un béret artistique, il reste ce petit « plus » qui change un visage.
Pour bien s’y retrouver entre les différentes dates
Pour ne plus faire l’erreur entre les différentes dates qui circulent, retenez simplement que le 15 janvier est placé sous le signe de la légèreté. C’est le moment où l’on célèbre le chapeau en tant qu’objet de style, de plaisir et de culture. Que vous soyez nostalgique des grands feutres d’autrefois ou fan des casquettes modernes, c’est l’occasion de sortir votre pièce préférée du placard, de la porter fièrement au bureau ou en ville, et de partager cette petite touche d’originalité avec les autres, souvent à travers un cliché sur les réseaux sociaux. C’est une fête qui n’a pas d’autre prétention que celle de nous faire redécouvrir le plaisir de se couvrir le chef.
À l’opposé, la période entourant le 26 mars revêt une dimension humaine bien plus marquante. Ici, le chapeau quitte le domaine de la simple coquetterie pour devenir un vecteur de solidarité. En participant à cette seconde initiative, l’objectif est d’aider la recherche médicale, notamment pour lutter contre les tumeurs cérébrales. Le chapeau sert alors de signal visuel pour sensibiliser son entourage, récolter des dons et soutenir les malades ainsi que leurs familles. Ce sont donc deux philosophies bien distinctes : l’une est une ode à l’esthétique et à l’histoire de la mode chaque mi-janvier, tandis que l’autre est un acte engagé et caritatif qui revient avec le printemps.
Alors, si vous croisez quelqu’un avec un couvre-chef un peu original aujourd’hui, ne soyez pas surpris. Et si vous-même vous en avez un qui prend la poussière, c’est le moment idéal pour le sortir et, pourquoi pas, immortaliser votre style avec une photo. Après tout, c’est une fois par an !
Ce qu’il faut retenir :
- Le 15 janvier est la date clé : C’est le moment de l’année dédié au plaisir de porter un chapeau, que ce soit par pur style, par tradition ou pour s’amuser entre amis et collègues.
- Deux dates, deux ambiances : Ne confondez pas le rendez-vous festif de janvier avec celui du 26 mars, qui est une journée de mobilisation caritative pour soutenir la lutte contre les tumeurs cérébrales.
- Un miroir de notre histoire : Bien plus qu’un simple accessoire, le chapeau a toujours servi à afficher son statut social ou ses idées, du bonnet phrygien révolutionnaire au haut-de-forme bourgeois.
- Des icônes intemporelles : Certains modèles comme le Panama, le béret ou la casquette de baseball ont traversé les époques pour devenir de véritables symboles culturels que l’on porte encore fièrement aujourd’hui.
- Un accessoire qui fait son grand retour : Après quelques décennies de retrait, le couvre-chef s’impose à nouveau comme l’outil idéal pour affirmer sa personnalité et parfaire son look au quotidien.