Le drive Intermarché victime d’un piratage : ce que les hackers savent (et ne savent pas) sur vous

Publié le et mis à jour le
 
Mauvaise surprise pour les habitués des courses en ligne chez Intermarché. L’enseigne de grande distribution vient de confirmer avoir été la cible d’une intrusion informatique. Si les coordonnées bancaires restent à l’abri, de nombreuses informations personnelles liées au service Drive ont été consultées par des tiers non autorisés. Le risque majeur désormais ? Des campagnes d’escroqueries ultra-ciblées dans les jours à venir. On fait le point sur ce piratage et sur les réflexes à adopter pour ne pas se faire piéger.
Page du drive Intermarché et tampon Data Breach (Crédit : capture site web)
Page du drive Intermarché et tampon Data Breach (Crédit : capture site web)

Une intrusion nocturne dans les serveurs des Mousquetaires


C’est le genre de mail que l’on préfère ne pas trouver dans sa boîte de réception en ouvrant son ordinateur le matin. La direction d’Intermarché a commencé à déployer une vaste campagne d’information auprès de ses clients pour les prévenir d’une brèche dans leurs systèmes informatiques (relayée par @seblatombe sur FrenchBreaches). Les experts en sécurité du groupe ont détecté une activité suspecte et malveillante au cœur de leurs serveurs. Un ou plusieurs individus ont réussi à forcer les barrières numériques de la marque pour fouiller dans les dossiers des utilisateurs du Drive. L’accès a rapidement été verrouillé par les équipes techniques dès l’intrusion repérée, mais le mal était déjà fait en partie. La Cnil, le gendarme français des données personnelles, a immédiatement été saisie du dossier tandis qu’une plainte pénale a été déposée dans la foulée pour tenter de remonter la piste des attaquants.

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Cette intrusion nous rappelle à quel point la grande distribution est devenue une cible de choix pour les pirates de tous bords, surtout depuis l’avènement de l’intelligence artificielle. Ce n’est pas la première fois qu’un grand nom des supermarchés se fait surprendre, et cela ne sera probablement pas la dernière. Pour l’instant, l’entreprise reste assez discrète sur le nombre exact de comptes touchés par cette fuite ou sur la durée pendant laquelle les serveurs sont restés ouverts aux quatre vents. Les investigations numériques se poursuivent en coulisses pour déterminer l’ampleur des dégâts. En attendant les conclusions des experts, les clients doivent composer avec une certitude : certaines de leurs habitudes d’achat se promènent désormais dans les réseaux clandestins du web.

Ce que les intrus ont réussi à dérober dans les bases


Quand on parle de piratage, on s’imagine souvent le pire, à savoir un compte bancaire vidé en quelques clics ou une identité totalement usurpée. Fort heureusement, le tableau n’est pas aussi noir cette fois-ci. Le géant de la distribution a tenu à rassurer sa communauté sur les éléments les plus sensibles. Les mots de passe pour se connecter à l’application ou au site web n’ont pas bougé. Les informations bancaires, comme les numéros de carte bleue ou les cryptogrammes saisis lors du paiement des courses, n’étaient pas stockés à cet endroit et restent donc parfaitement sécurisés. Même constat rassurant pour les cagnottes de fidélité : les euros accumulés au fil des semaines sont toujours là et les voleurs ne peuvent pas les dépenser à votre place. Vos adresses mails ont également été épargnées par cette fuite.

Pourtant, la liste des données consultées reste particulièrement longue et intime pour les personnes concernées. Les hackers ont mis la main sur les noms, les prénoms, les dates de naissance et les numéros de téléphone des clients du Drive. Plus embêtant encore, les adresses de facturation ainsi que les numéros de carte de fidélité font partie du lot. Si le détail précis des articles achetés (comme le paquet de gâteaux ou la marque de votre lessive) est resté confidentiel, les numéros des commandes ainsi que les montants exacts dépensés en ligne ont bien été copiés. C’est précisément cet historique financier qui donne de la valeur au larcin. Savoir que vous avez dépensé 142 euros le mardi précédent donne une arme redoutable aux escrocs pour la suite des événements.

Le danger invisible du hameçonnage sur mesure


Avec de tels éléments entre les mains, les cybercriminels ne vont pas s’attaquer directement à votre banque, mais ils vont plutôt tenter de vous manipuler. C’est ce qu’on appelle dans le jargon l’ingénierie sociale, ou plus simplement le phishing ciblé. Armés de votre nom, de votre numéro de téléphone et du montant de votre dernier passage au Drive, les fraudeurs peuvent concocter des scénarios d’une crédibilité redoutable. Imaginez recevoir un SMS ou un message WhatsApp quelques jours après vos courses, vous expliquant qu’un problème de facturation est survenu sur votre commande de 142 euros. Puisque le message contient des vraies informations vous concernant, le piège devient presque invisible pour un internaute qui ne se méfie pas.

Le but de la manœuvre est toujours le même : vous faire paniquer ou vous appâter avec une fausse promesse. Les pirates excellent dans l’art de créer un sentiment d’urgence artificielle. Ils peuvent vous appeler en se faisant passer pour le service client d’Intermarché, évoquant une erreur informatique ou un double prélèvement à annuler au plus vite. Face à un interlocuteur poli, qui connaît votre date de naissance et votre numéro de carte de fidélité, il devient très facile de baisser la garde. C’est à ce moment précis, quand la confiance est installée, que l’escroc vous demande le code de confirmation reçu par SMS ou vos identifiants secrets.

Les techniques classiques des arnaqueurs pour vous piéger


Pour ne pas tomber dans le panneau, il faut bien comprendre les différents formats que peuvent prendre ces attaques dans les semaines à venir. Les courriels étant hors de cause puisque les adresses électroniques n’ont pas fuité, c’est principalement sur votre smartphone que la menace va se matérialiser. Les arnaques par SMS, aussi appelées smishing, risquent de se multiplier. Les pirates vont envoyer des liens cliquables raccourcis, prétendant qu’un colis ou une commande du Drive est bloquée. Le lien renvoie alors vers une copie parfaite du site officiel, conçue uniquement pour collecter vos données bancaires sous prétexte de régler quelques centimes de frais de livraison.

Une autre méthode très en vogue consiste à utiliser les messageries instantanées comme WhatsApp pour envoyer des faux bons d’achat ou des alertes de sécurité concernant votre compte. Enfin, le phishing par téléphone reste le plus dangereux. Un faux conseiller, parfois très insistant voire menaçant, peut vous faire croire qu’un huissier va intervenir si vous ne régularisez pas une situation immédiatement. Ils peuvent aussi vous proposer de valider un prétendu remboursement de votre cagnotte pour vous inciter à donner vos coordonnées. La règle d’or face à ces sollicitations impromptues est de ne jamais agir dans la précipitation, peu importe la gravité de l’histoire racontée au bout du fil.

Les bons réflexes pour protéger son identité numérique


Face à cette menace bien réelle, plusieurs gestes simples permettent de se mettre à l’abri des tentatives de fraude. Le premier réflexe à adopter est la méfiance systématique face à n’importe quel message imprévu qui évoque vos courses en ligne ou votre programme de fidélité. Si un doute subsiste concernant une transaction ou une alerte sur votre compte, il ne faut jamais utiliser les numéros de téléphone fournis dans le message suspect, ni cliquer sur les liens intégrés. La seule méthode fiable consiste à fermer l’application, à ouvrir votre navigateur internet et à vous connecter vous-même sur les canaux officiels de l’enseigne pour vérifier si une notification y figure.

Pour vous aider à faire le tri, voici la liste des comportements à adopter immédiatement :

  • Ne cliquez sur aucun lien reçu par SMS ou WhatsApp évoquant un problème de commande.
  • Ne transmettez jamais un code de validation reçu par SMS à un tiers, même s’il prétend être votre banquier ou un conseiller Intermarché.
  • Raccrochez immédiatement si un interlocuteur se montre insistant ou menaçant au téléphone.
  • Signalez les SMS frauduleux en les transférant gratuitement au numéro 33700, la plateforme de lutte contre les spams.
  • Prenez le temps de prévenir vos proches plus âgés ou moins technophiles qui utilisent ce service de Drive et qui pourraient être des cibles prioritaires pour les escrocs.

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En cas de véritable interrogation ou si vous pensez avoir été victime d’une fuite de données suite à cet incident, la marque a mis en place une ligne téléphonique dédiée pour répondre aux questions de ses clients. Vous pouvez gratuitement joindre leur service assistance au 0 805 101 115 ou vous rendre sur l’espace d’aide en ligne pour soumettre un formulaire spécifique concernant la sécurité de votre compte.
 

Ce qu’il faut retenir :

  • Une fuite de données ciblée : une cyberattaque a touché les serveurs d’Intermarché, exposant les données personnelles (noms, téléphones, historiques et montants des commandes) des clients du service Drive.
  • Les finances et comptes à l’abri : bonne nouvelle, aucune coordonnée bancaire, aucun mot de passe et aucune cagnotte de fidélité n’ont été dérobés lors de l’intrusion.
  • Alerte maximale au faux conseiller : le vrai danger réside dans le phishing. Les pirates peuvent vous appeler ou vous envoyer un SMS en citant vos vraies informations pour vous soutirer vos codes secrets.
  • Zéro action dans l’urgence : Intermarché ne vous demandera jamais vos identifiants ou vos numéros de carte pour débloquer une commande. Au moindre doute, raccrochez et passez par l’application officielle.
Thierry Chabot
Thierry Chabot
Passionné d'informatique depuis ses débuts sur PC-1512, Thierry est l'expert référent de TheSiteOueb pour les thématiques liées au Web, aux OS et à la sécurité informatique. Acteur engagé de l'entraide communautaire sous le pseudonyme Cthierry, il met son expertise technique au service des utilisateurs pour décrypter l'actualité numérique et résoudre leurs problématiques quotidiennes.
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