11 juin 2026 : Journée internationale du jeu, le jour où le ballon rond rencontre le droit à l’enfance

Publié le et mis à jour le
 
Le 11 juin 2026 marque la deuxième édition de la Journée internationale du jeu, proclamée par l’ONU il y a deux ans à peine. Cette année, le thème « Protégeons le jeu, protégeons l’enfance » tombe un jour particulier : celui du coup d’envoi de la Coupe du monde de football, avec le match Mexique – Afrique du Sud à l’Estadio Azteca de Mexico. Coïncidence heureuse, ou rappel que le jeu, sous toutes ses formes, est au coeur de ce que nous sommes ? Voici pourquoi cette journée mérite qu’on s’y arrête vraiment. Pour terminer le petit tour du Bemac de ce milieu de semaine, nous fêtons aussi les Barnabé.
Deux garçons jouant au football sur l'eau au Vietnam (Crédit : VietNam Beautiful)
Deux garçons jouant au football sur l'eau au Vietnam (Crédit : VietNam Beautiful)

Une journée jeune, mais déjà indispensable


C’est en mars 2024 que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté sans vote une résolution proclamant le 11 juin Journée internationale du jeu, « consciente de l’importance de l’accès aux activités ludiques et récréatives et du fait qu’elles contribuent au bien-être et au développement physique et psychosocial des enfants et des jeunes ». Une décision qui semble anodine, mais qui dit quelque chose d’important sur notre époque : il a fallu une résolution onusienne pour rappeler que les enfants ont le droit… de jouer.

L’UNICEF célèbre cette journée chaque 11 juin en diffusant un message clair : il n'est pas nécessaire d'attendre le jour J pour promouvoir le jeu. Optez pour le jeu au quotidien. Derrière la formule se cache un constat plus préoccupant, le jeu libre recule. Il cède du terrain face aux écrans, aux emplois du temps surchargés, aux espaces publics de moins en moins accessibles aux enfants.

Restreindre les possibilités de jeu nuit directement au bien-être et au développement de l’enfant. Ce n’est pas une opinion, c’est la position officielle des Nations Unies. Pourtant, on continue d’organiser des journées d’enfants millimétrées, de remplir les mercredis d’activités « enrichissantes », de regarder d’un œil méfiant l’enfant qui traîne dehors sans but précis.

Publicité

Ce qui se passe vraiment dans le cerveau quand un enfant joue


Pourtant, il faut savoir que le jeu libère de la dopamine et des endorphines, les hormones associées au plaisir, à la motivation et à la gestion du stress. Ce n’est pas anodin. Un enfant qui joue librement n’est pas en train de « ne rien faire » : son cerveau tourne à plein régime. Il teste des hypothèses, gère des émotions, anticipe, s’adapte.

Les neurosciences sont assez claires sur le sujet : l’apprentissage est plus efficace et plus durable quand il passe par l’expérience et le plaisir. Quand un enfant s’amuse, son cerveau est en état d’alerte positive, curieux, ouvert, réceptif. C’est presque l’opposé de l’état dans lequel on se trouve assis derrière un bureau à recopier une leçon.

Le jeu améliore aussi le sommeil et réduit les marqueurs biologiques du stress. Des études en psychologie du développement montrent que les enfants qui bénéficient de suffisamment de temps de jeu non structuré présentent moins de troubles anxieux, une meilleure concentration en classe et une plus grande capacité à réguler leurs émotions. Ce n’est pas rien, à une époque où les consultations pédopsychiatriques explosent dans tous les pays développés.

Le jeu apprend des choses qu’aucun cours ne peut enseigner


Mais le jeu, ce n’est pas que de la chimie, et c’est là que ça devient vraiment intéressant. Derrière une partie de cache-cache ou une construction de cabane, il se passe quelque chose que les pédagogues appellent l’apprentissage invisible. Des compétences qui ne figurent sur aucun bulletin scolaire, mais qui sont fondamentales pour la vie :

  • Négocier des règles avec d’autres enfants, c’est apprendre la coopération et la gestion de conflits.
  • Construire quelque chose avec des matériaux de récupération, c’est mobiliser la pensée spatiale, la physique intuitive, la motricité fine.
  • Inventer une histoire avec des figurines, c’est développer le langage, la narration, la théorie de l’esprit.
  • Perdre une partie sans quitter la table, c’est apprendre la résilience, probablement l’une des compétences les plus sous-estimées du 21e siècle.

Il y a quelque chose d’un peu paradoxal là-dedans. On passe beaucoup de temps à vouloir préparer les enfants à l’avenir, à leur faire acquérir des savoirs formels. Pourtant, certaines des compétences les plus utiles s’acquièrent en jouant dans un jardin ou dans une cour d’école. Einstein, qu’on cite souvent de manière approximative, avait cette idée que l’imagination et la curiosité sont les vrais moteurs de la connaissance. Le jeu libre, c’est exactement ça.

Foot, maths et figurines : l’apprentissage par le jeu, ça marche concrètement


Quelques exemples concrets, parce que la théorie c’est bien, mais les exemples parlent mieux. Un enfant qui compte les buts, calcule les scores ou comprend qu’une mi-temps dure 45 minutes manipule des notions mathématiques sans même s’en apercevoir. Un enfant qui joue à « faire semblant » avec d’autres enfants développe des capacités de communication et d’empathie que les évaluations standardisées ne mesurent pas.

Les pédagogies qui intègrent cette réalité, méthode Montessori, approches par projet, éducation par le jeu, montrent des résultats solides en termes de motivation scolaire, de rétention des connaissances et de bien-être général des élèves. Ce n’est pas une mode pédagogique : c’est une façon d’aligner l’école sur ce que le cerveau humain fait naturellement.

Le problème, c’est que ces approches restent souvent marginales ou réservées à certains établissements. La majorité des enfants passent encore l’essentiel de leur temps scolaire dans un format transmissif, assis, à recevoir de l’information. Le jeu est alors relégué à la récréation, souvent raccourcie, parfois supprimée en cas de mauvais temps ou de « retard dans le programme ».

Ce que les parents peuvent faire dès aujourd’hui


Mais, on ne va pas se mentir : les conseils du type « laissez vos enfants jouer librement » sonnent un peu creux quand on habite dans un appartement en ville, qu’on travaille à plein temps et qu’on a l’impression que les autres parents inscrivent leurs enfants à six activités par semaine.

Pourtant, quelques ajustements élémentaires font une vraie différence. Prévoir 30 à 60 minutes de jeu non structuré par jour, sans écran, sans adulte qui dirige, c’est déjà beaucoup. Aménager un coin à la maison avec des matières à manipuler (cartons, tissus, outils rudimentaires) peut transformer une heure d’ennui en exploration créative. Parfois, jouer avec son enfant, vraiment jouer, en suivant ses règles à lui, est l’une des choses les plus précieuses qu’on puisse lui offrir.

Des soins parentaux axés sur le jeu procurent de la joie et permettent aux enfants de se sentir en sécurité, d’apprendre, de développer des compétences et de mieux comprendre le monde qui les entoure, rappelle la directrice générale de l’UNICEF. Dit autrement : jouer ensemble, c’est aussi construire du lien. Quelque chose que les années d’écrans en parallèle dans le même salon ne font pas réellement.

Des villes pensées pour les enfants, utopie ou chantier urgent ?


D’ailleurs, la question du jeu dépasse le cadre familial. L’espace public a un rôle central à jouer, ou justement à ne pas jouer, si l’on décide de le laisser aux voitures. Des études montrent que les enfants qui habitent des quartiers avec des trottoirs sûrs, des parcs accessibles et des cours d’école accueillantes passent davantage de temps en activité physique et en jeu libre. Résultat : moins de sédentarité, moins d’obésité, meilleure santé mentale.

Le jeu n’est pas un luxe : il est essentiel au développement physique, mental, émotionnel et social. Il renforce la résilience, nourrit la créativité et favorise l’inclusion, surtout en période d’adversité. C’est ce que rappelle la Charte de la jeunesse, qui s’associe chaque année à l’UNICEF pour cette journée. Et c’est un appel adressé autant aux familles qu’aux maires, aux urbanistes, aux ministres de l’éducation.

Imaginer des écoles avec de vraies cours de récréation, vertes, variées, conçues pour que les enfants aient envie d’y passer du temps, n’est pas une fantaisie. C’est un investissement de santé publique. Plusieurs villes scandinaves et quelques collectivités françaises l’ont compris. Le mouvement existe. Il est juste encore trop lent.

Ce 11 juin, le ballon roule pour tout le monde


Hasard du calendrier, la Coupe du monde de football 2026 s’ouvrira au mythique Estadio Azteca de Mexico le jeudi 11 juin à 21 h en France, avec l’affiche Mexique – Afrique du Sud dans le groupe A. Un match chargé d’histoire, c’est exactement la même affiche qu’en 2010, premier Mondial organisé sur le sol africain. L’Estadio Azteca devient par la même occasion le premier stade à accueillir trois matchs d’ouverture de Coupe du monde.

Le monde entier aura les yeux rivés sur ce ballon qui roule. Et c’est peut-être là l’image la plus juste pour cette journée : le football, dans sa forme la plus spectaculaire, n’est que l’aboutissement de milliers d’heures de jeu libre, dans des rues, des cours d’école, des terrains vagues. Avant les stades de 87 000 places, il y a eu des enfants qui jouaient pour le plaisir, sans arbitre, sans classement, sans pression de résultat. C’est là que tout commence. Et c’est ce qu’on risque de perdre si on ne fait pas attention.

Publicité

Ce 11 juin, jouez vraiment !


Ce jeudi 11 juin, pas besoin d’un stade ni d’un ballon officiel. Une partie dans le parc, une chasse au trésor dans le quartier, une soirée jeux de société en famille, ça compte. Ça envoie un message simple : le jeu est sérieux. Il mérite du temps, de l’espace, et d’être protégé.

Partagez vos moments avec #JournéeDuJeu2026 ou #ProtectPlay. Parce que protéger le jeu, c’est protéger quelque chose d’essentiel, pas seulement l’enfance d’aujourd’hui, mais les adultes que ces enfants deviendront.

(L’illustration de notre article provient de VietNam Beautiful sur le site Internet Unsplash. Si l’image vous intéresse, vous pouvez faire un don sur le site avant de la télécharger)
 

Ce qu’il faut retenir :

  • Ce jeudi 11 juin 2026, deux événements mondiaux partagent la même date : le coup d'envoi de la Coupe du monde à l'Estadio Azteca et la Journée internationale du jeu proclamée par l'ONU. Une coïncidence qui rappelle que le ballon rond, avant d'être un spectacle planétaire, est d'abord un jeu d'enfant.
  • Le jeu n'est pas une option, c'est un droit. L'article 31 de la Convention internationale des droits de l'enfant le reconnaît noir sur blanc. Et pourtant, le temps de jeu libre recule partout : écrans, activités extrascolaires surchargées, espaces publics peu adaptés. Cette journée existe précisément pour inverser cette tendance.
  • Ce qui se passe dans le cerveau d'un enfant qui joue est tout sauf anodin. Dopamine, endorphines, apprentissage actif, gestion des émotions, construction de la résilience. Le jeu libre est l'un des outils de développement les plus puissants qui soit, et l'un des moins coûteux.
  • Les compétences que le jeu développe ne figurent sur aucun bulletin scolaire, et ce sont pourtant souvent les plus utiles : savoir coopérer, perdre sans craquer, inventer des solutions, persévérer. Aucun cours magistral ne les enseigne aussi efficacement.
  • Protéger le jeu, c'est un choix collectif autant que personnel. Les familles, les écoles, les villes et les gouvernements ont chacun leur part. Trente minutes de jeu libre par jour, une cour d'école un peu plus verte, un trottoir un peu plus sûr… les gestes sont simples. Ce qui manque, c'est surtout la conviction que ça compte vraiment.
Thierry Chabot
Thierry Chabot
Passionné d'informatique depuis ses débuts sur PC-1512, Thierry est l'expert référent de TheSiteOueb pour les thématiques liées au Web, aux OS et à la sécurité informatique. Acteur engagé de l'entraide communautaire sous le pseudonyme Cthierry, il met son expertise technique au service des utilisateurs pour décrypter l'actualité numérique et résoudre leurs problématiques quotidiennes.
Vous avez aimé cet article ? Commentez-le et partagez-le !
 
 
 
Les commentaires sont la propriété de leur auteur. Nous ne sommes pas responsables de leurs contenus.