Robert Burns et la Burns Night, la fête la plus déjantée de l'hiver écossais

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Aujourd’hui, on ne se contente pas de regarder le calendrier. On sort le kilt et on prépare les cuillères. Le 25 janvier marque la Burns Night, une institution qui transforme l’Écosse en une immense scène de théâtre. Et Bing ne l’a pas oublié en nous proposant sur sa page d’accueil d’en savoir plus sur cette journée. Mais au-delà du folklore et du fameux haggis, qui était vraiment cet homme que les Écossais chérissent comme un membre de leur propre famille ? On vous emmène faire un tour du côté d’Ayr, là où tout a commencé, pour comprendre comment un simple fermier est devenu l’âme d’une nation.
Repas traditionnel de la Burns Night avec haggis, neeps et tatties (Crédit : Alex.I)
Repas traditionnel de la Burns Night avec haggis, neeps et tatties (Crédit : Alex.I)

Un anniversaire pas comme les autres


Imaginez une soirée où tout un pays se met à réciter des vers devant un plat de tripes. C’est un peu le résumé de ce qui se passe chaque hiver pour célébrer la naissance de celui qu’on appelle affectueusement Rabbie. L’ambiance est assez folle car elle mélange un respect presque religieux pour le texte et une convivialité totalement débridée. On se réunit autour d’un menu immuable où le haggis est le roi incontesté. Ce mélange de viande et d’avoine, escorté par des purées de navets et de pommes de terre que les locaux appellent neeps et tatties, n’est pas juste un repas. C’est un hommage vivant. On déclame des poèmes, on rit, on boit un peu de whisky bien sûr, et on finit par chanter tous ensemble cet air que le monde entier connaît sans toujours savoir d’où il vient : Auld Lang Syne. C’est l’équivalent de notre « Ce n’est qu’un au revoir », et c’est lui qui l’a gravé dans l’histoire.

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Un gamin de la terre devenu géant


Pour comprendre ce lien si fort, il faut revenir en 1759 dans un hameau nommé Alloway. Robert Burns n’est pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche. C’est un fils de paysans qui a passé une bonne partie de sa jeunesse à se casser le dos dans les champs. C’est sans doute pour ça que ses mots touchent autant de monde encore aujourd’hui. Il ne parlait pas depuis une tour d’ivoire mais avec la boue aux pieds. Il a écrit dans une langue qui chante, le scots, mélangeant l’anglais à des expressions du terroir qui donnent à ses récits une saveur unique. Ce barde de l’Ayrshire, comme on le surnomme, a réussi l’exploit de transformer la vie quotidienne, la nature et les amours de campagne en une œuvre universelle. Il a osé bousculer les codes de son époque, refusant de se plier aux règles trop rigides des critiques de salon.

Une plume qui fait bouger les lignes


Le génie de cet homme, c’est d’avoir été un pionnier sans le savoir. En mettant ses sentiments à nu, il a ouvert la voie à tout le mouvement romantique. Mais ce n’était pas qu’un rêveur mélancolique. Ses textes en anglais cachent souvent un tempérament plus rebelle et politique. Il portait en lui des idées de liberté et d’égalité qui ont ensuite inspiré des courants de pensée très variés, du libéralisme au socialisme. C’est assez fascinant de voir comment un poète du XVIIIe siècle peut encore résonner dans les débats actuels. On sent chez lui une audace naturelle qui l’a incité à défendre les petites gens et à moquer les puissants. C’est cette authenticité qui fait de lui une véritable icône culturelle, bien au-delà des frontières de son île natale.
Si quelqu’un rencontre quelqu’un en traversant le seigle, Si quelqu’un baise (embrasse) quelqu’un, faut-il que tout le monde le sache ?
Jenny est toute mouillée, la pauvre chose, Jenny est bien lasse ; Elle a traîné tous ses jupons en traversant le seigle.
Parmi les filles, il y a beaucoup de sourires, Parmi les garçons, il y a beaucoup de monde ; Mais tous ceux qui me sourient, je ne leur dis pas mon secret.
Comin’ Thro’ the Rye


Un héritage qui résonne en musique


La force de Robert Burns, c’est aussi que ses textes se chantent autant qu’ils se lisent. Sa poésie possède un rythme intérieur qui a séduit les plus grands noms de la musique classique et moderne. On retrouve ses traces chez le compositeur allemand Robert Schumann ou plus récemment chez Arvo Pärt. C’est dingue quand on y pense : ses vers ont traversé les océans et les époques. Même dans la littérature contemporaine, il pointe le bout de son nez. Si vous avez déjà lu L’Attrape-cœurs de Salinger, vous vous souvenez peut-être d’un poème sur le seigle. C’est lui. Il est partout, dans les chansons populaires, dans les livres cultes et même dans la structure de notre mémoire collective. Il a su capter quelque chose de très pur dans l’âme humaine, ce qui rend son œuvre totalement intemporelle.

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Un pèlerinage au cœur de l’histoire


Si vous passez un jour par Ayr, le détour par le parc national qui lui est dédié est obligatoire. C’est un voyage dans le temps assez émouvant. On peut y visiter la petite chaumière où il a vu le jour, un endroit modeste qui remet bien les choses en perspective. En marchant un peu, on arrive au Brig o’ Doon. Ce vieux pont de pierre du XVe siècle est plus qu’un monument, c’est le décor d’un de ses chefs-d’œuvre les plus célèbres, Tam o’ Shanter. Juste à côté, les ruines de l’Auld Kirk semblent encore habitées par les fantômes et les sorcières de ses poèmes. Le site réussit à mêler la beauté brute des paysages écossais et la finesse des manuscrits qu’il a laissés derrière lui. C’est là qu’on comprend que Burns n’est pas juste un auteur dans un manuel scolaire, c’est un homme qui a vécu intensément et qui continue de faire battre le cœur de l’Écosse.
 

Ce qu’il faut retenir :

  • Le 25 janvier est sacré : C’est la Burns Night, une fête nationale officieuse où l’on célèbre Robert Burns, le poète fermier devenu l’âme de l’Écosse.
  • Un menu légendaire : Le rituel tourne autour du haggis, servi avec ses neeps et ses tatties (navets et patates), le tout arrosé d’un bon whisky et de poésie déclamée.
  • L’hymne universel : C’est à Burns que l’on doit les paroles de Auld Lang Syne, notre fameux « Ce n’est qu’un au revoir », chanté dans le monde entier à chaque Nouvel An.
  • Le quiproquo littéraire : Son poème Comin’ Thro’ the Rye, qui parle de flirts cachés dans les champs, a inspiré par erreur le titre du chef-d’œuvre de Salinger, L’Attrape-cœurs.
  • Un héritage vivant : Plus qu’un auteur, Burns est un symbole de liberté et d’authenticité dont les écrits en langue scots ont ouvert la voie au romantisme mondial.
Thierry Chabot
Thierry Chabot
Passionné d'informatique depuis ses débuts sur PC-1512, Thierry est l'expert référent de TheSiteOueb pour les thématiques liées au Web, aux OS et à la sécurité informatique. Acteur engagé de l'entraide communautaire sous le pseudonyme Cthierry, il met son expertise technique au service des utilisateurs pour décrypter l'actualité numérique et résoudre leurs problématiques quotidiennes.
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