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Journée mondiale du judo 2026 : l’appartenance bien au-delà du tatami

Date 28-10-2026 08:42:52 | Sujet : Journées mondiales et internationales

Chaque 28 octobre, la planète judo célèbre la Journée mondiale du judo, date anniversaire de la naissance de Jigoro Kano, fondateur de la discipline. En 2026, la Fédération Internationale de Judo place l’appartenance au centre de l’événement. L’objectif est clair : que chaque pratiquant, quels que soient son âge, son handicap, son origine ou son parcours, se sente pleinement reconnu et respecté au sein de la grande famille du judo.

Pourquoi le 28 octobre est-il un jour à part sur les tapis ?


Ce n’est pas une date choisie au hasard dans le calendrier des passionnés d’arts martiaux. Le 28 octobre marque la naissance de Jigoro Kano, cet éducateur visionnaire né en 1860 qui a créé le Kodokan à Tokyo en 1882. Son idée de départ était assez révolutionnaire pour l’époque : transformer les anciennes techniques de combat du jūjutsu en une méthode d’éducation globale, physique et morale.



En 2011, la Fédération Internationale de Judo (IJF) a officiellement fait de ce jour la Journée mondiale du judo. C’est l’occasion de se souvenir que, derrière les projections et les immobilisations, il y a surtout une philosophie de vie portée par deux grands préceptes : Seiryoku-Zen’yō (l’utilisation la plus efficace de l’énergie) et Jita-Kyōei (l’entraide et la prospérité mutuelle).

Sur les tatamis, cette pensée prend la forme d’un code moral bien connu des débutants comme des ceintures noires. Il regroupe huit piliers que l’on retrouve affichés dans presque tous les clubs : politesse, courage, sincérité, honneur, modestie, respect, contrôle de soi et amitié. Cette journée invite ainsi à mettre un instant de côté l’esprit de compétition pour se concentrer sur ce lien social invisible mais extrêmement solide. C’est précisément ce lien que l’IJF place cette année au cœur de sa campagne.

En 2026, le thème « Belonging » va plus loin que la simple inclusion


Pour cette édition, l’IJF a choisi de axer ses messages autour du mot « Belonging », que l’on traduit par « appartenance ». À première vue, on pourrait y voir une nuance de vocabulaire par rapport à l’inclusion, thème phare de 2022. Pourtant, la différence est fondamentale. L’inclusion consiste à ouvrir les portes d’une salle à tous. L’appartenance garantit que la personne qui franchit le seuil se sente vraiment accueillie, écoutée, valorisée, et qu’elle ait envie d’y rester.

Ce sentiment de communauté doit pouvoir toucher l’ensemble des pratiquants, sans aucune distinction. Il concerne tout particulièrement :


  • Les judokas en situation de handicap, notamment à travers le judo adapté ou les sections destinées aux personnes sourdes et malentendantes.

  • Les femmes et les jeunes filles, qui cherchent à trouver pleinement leur place dans la pratique.

  • Les enfants qui font leurs tout premiers pas dans un dojo et cherchent des repères rassurants.

  • Les réfugiés et les personnes déracinées par la vie, pour qui le sport devient un point d’ancrage, de sécurité et d’amitié.

  • Toutes celles et ceux qui se sentent parfois éloignés du sport pour des raisons économiques, sociales, culturelles ou géographiques.


Marius Vizer, président de l’IJF, a résumé cet esprit dans son message officiel : « Un premier salut marque le début de tout parcours en judo, mais c’est l’environnement accueillant et sûr, le respect montré et les encouragements reçus qui nourrissent un véritable sentiment d’appartenance. » Il appelle aussi chacun à continuer de « construire une Famille du Judo dans laquelle chaque personne peut trouver sa place, se sentir chez elle et contribuer à notre avenir commun ».

Quand l’appartenance quitte la théorie pour le sol des dojos


Ce principe ne reste pas seulement gravé sur le papier. Il s’incarne déjà dans plusieurs rendez-vous internationaux. L’un des exemples les plus parlants est le Grand Slam de Lausanne 2026, devenu le tout premier de l’histoire à réunir, au sein d’un même événement, des épreuves du World Judo Tour, de judo adapté et de judo pour sourds.

À Sarajevo, l’expérience s’est avérée tout aussi concluante. Entre les Championnats du monde vétérans et ceux de kata, des athlètes des Special Olympics sont venus combattre et présenter des katas au centre de l’arène. Cela démontre que le très haut niveau sportif et l’ouverture à la diversité ne s’opposent absolument pas. L’excellence prend toute sa valeur quand elle est partagée avec le plus grand nombre.

À l’échelle locale, les clubs de quartier et les petites structures disposent eux aussi de nombreux leviers pour faire vivre cet engagement au quotidien :


  • Proposer des séances de découverte pour des publics qui n’osent pas toujours pousser la porte d’un club de combat.

  • Mettre en place des créneaux réservés à la pratique féminine ou au sport-santé pour reprendre une activité en douceur.

  • Valoriser les bénévoles, les partenaires d’entraînement et celles et ceux qui font vivre la mémoire du club.

  • Développer des partenariats avec des associations d’aide aux réfugiés ou d’insertion par le sport.


Comment participer et relayer l’événement à votre échelle ?


Pour faire vivre cette journée, nul besoin de moyens colossaux. Que vous soyez enseignant, licencié, dirigeant ou simple parent accompagnateur, l’action peut être très simple : il s’agit de susciter des rencontres et de partager un moment convivial.

Dans les clubs, on peut par exemple organiser une séance « portes ouvertes » où chaque adhérent vient accompagné d’un proche, ou un entraînement intergénérationnel réunissant les plus petits et les vétérans. C’est aussi l’occasion d’animer de petits ateliers autour du code moral, pour expliquer aux plus jeunes que la politesse et le respect ne s’arrêtent pas au bord du tapis.

Sur le plan numérique, les pratiquants et les fédérations sont invités à partager leurs initiatives, photos et vidéos avec les hashtags #WorldJudoDay et #Belonging. Des visuels sont mis à disposition sur ijf.org pour habiller les publications. Mais au-delà des écrans, ce sont les petits gestes du quotidien qui font la différence : un mot d’encouragement après une chute, une poignée de main chaleureuse à la fin d’un randori, ou simplement des nouvelles prises d’un camarade blessé.


Un sport de combat qui façonne un lien social durable


Avec un peu de recul, le judo n’est pas un sport individuel comme les autres. Pour progresser, on a impérativement besoin de l’autre : on ne peut pas chuter tout seul, ni apprendre une prise sans un partenaire qui nous prête son corps et sa confiance. C’est sans doute pour cela que les amitiés nouées au dojo durent souvent toute une vie.

Cette Journée mondiale 2026 nous rappelle que le tatami est une formidable micro-société. En plaçant l’appartenance au cœur de son message, la communauté internationale invite chacun à dépasser la simple pratique sportive. Que l’on vienne pour la performance, pour entretenir sa forme, pour se vider la tête après le travail ou pour apprendre à se défendre, l’important est de savoir que l’on fait partie d’un même groupe. Le mot d’ordre de l’IJF le résume : « Every judoka has a place on the tatami! » (« Chaque judoka a sa place sur le tatami »).

Bonne Journée mondiale du judo à toutes et à tous ! N’hésitez pas à consulter le message officiel du président de l’IJF et les kits de communication sur ijf.org, et à vous rapprocher de votre club le plus proche pour célébrer l’événement.



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