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Panne Google Cloud à Londres : quand un pépin électrique paralyse Revolut et des services britanniques

Date 20-10-2026 14:34:10 | Sujet : Tendances & Actus

Google Cloud rencontre depuis ce mardi 20 octobre une panne majeure localisée dans sa région europe-west2, située à Londres. Un incident d’alimentation électrique survenu dans l’une des zones de disponibilité a provoqué des dysfonctionnements en cascade sur de nombreux services. Des entreprises du quotidien, notamment la néobanque Revolut, mais aussi des transporteurs comme DPD ou le réseau des tribunaux britanniques, subissent des lenteurs ou des blocages. Bien que l’alimentation soit rétablie, la situation reste dégradée et le retour à la normale se fait de façon progressive.

Que s’est-il passé ce matin ?


C’est le genre de réveil dont les équipes techniques se passeraient bien. Tout a débuté au milieu de la nuit pour les ingénieurs américains, soit en tout début de matinée sur le continent européen. Les premiers alertes ont commencé à clignoter sur les écrans de contrôle vers 8 heures, heure française, signaleurs à l’appui. Sur les outils de mesure de pannes en ligne, les courbes de signalements ont grimpé en flèche en quelques minutes à peine.

La zone touchée n’est pas inconnue des professionnels de la tech : il s’agit du pôle europe-west2, l’ensemble de datacenters hébergé par le géant américain dans la région de Londres. Les clients qui ont choisi cette localisation pour faire tourner leurs infrastructures ont vu leurs connexions vaciller les unes après les autres. Très vite, la panne s’est propagée à l’ensemble de l’écosystème numérique qui s’appuie sur ces serveurs pour fonctionner correctement.


Aux origines du problème : le « power event »


Pour comprendre l’origine du couac, il faut regarder du côté des rapports d’incident publiés par la firme de Mountain View sur son tableau de bord officiel. L’entreprise y mentionne un « power event », c’est-à-dire un événement lié à l’approvisionnement électrique dans la zone de disponibilité europe-west2-b. Concrètement, un datacenter entier a subi une rupture de son alimentation, entraînant la coupure brutale ou la mise en sécurité des serveurs sous-jacents.

Même si les datacenters sont équipés d’onduleurs lourds et de groupes électrogènes imposants pour parer à ce type d’imprévu, des pannes d’une telle ampleur arrivent encore. Quand une zone complète flanche, l’équilibre de toute l’infrastructure est rompu. Les requêtes s’accumulent, les serveurs voisins s’engorgent et les systèmes n’arrivent plus à traiter les demandes entrantes, provoquant des erreurs en chaîne chez les clients hébergés sur place.

Les services cloud directement touchés


Les répercussions ne se sont pas fait attendre du côté des outils informatiques. Une quantité impressionnante de briques applicatives proposées par la plateforme a subitement cessé de répondre correctement. Parmi les outils les plus sollicités, on retrouve Compute Engine pour la gestion des machines virtuelles, Cloud Storage pour l’hébergement des fichiers, ou encore Google Kubernetes Engine pour le déploiement des applications en conteneurs.

D’autres briques essentielles comme les bases de données Cloud SQL et Spanner, les outils d’analyse BigQuery, ou le système de messagerie Pub/Sub ont également accumulé les erreurs d’accès. Sans ces ressources fondamentales, les sites web et les applications mobiles qui reposent dessus ne peuvent plus interroger leurs bases ni traiter les données de leurs utilisateurs. C’est exactement ce blocage technique invisible qui s’est répercuté directement sur le terrain.

Revolut en première ligne pour les utilisateurs français


Pour le grand public en France, le visage de cette panne informatique porte un nom bien précis : Revolut. La néobanque britannique s’appuie en effet en grande partie sur l’infrastructure londonienne de Google Cloud pour faire tourner ses fonctionnalités. Résultat immédiat : dès le début de la matinée, des milliers de clients en France et en Europe ont découvert avec surprise qu’ils ne pouvaient plus accéder à leur compte ni valider d’opérations.

L’application mobile affichait des messages d’erreur à répétition, tandis que les paiements en magasin ou en ligne se voyaient refusés au moment de la demande d’autorisation. De nombreux clients ont également signalé des échecs lors des tentatives de retrait aux distributeurs automatique. La banque a rapidement réagi sur ses canaux officiels pour rassurer ses utilisateurs, précisant que le problème venait de son prestataire technique et que les fonds comme les données personnelles restaient parfaitement en sécurité.

D’autres secteurs perturbés outre-Manche


Si la néobanque a concentré une bonne partie de la grogne des internautes dans l’Hexagone, le Royaume-Uni a essuyé un impact bien plus large. Au-delà des autres établissements financiers comme Lloyds, Halifax, HSBC ou Santander qui ont connu des montées de signalements, le secteur de la logistique a lui aussi essuyé les plâtres. Des transporteurs majeurs tels que DPD et la Royal Mail ont vu leurs outils de suivi de colis et de gestion des bordereaux ralentis de manière notable pendant plusieurs heures.

Même les services publics britanniques n’ont pas été totalement épargnés par ce problème réseau. La Cloud Video Platform, utilisée par les tribunaux d’Angleterre et du Pays de Galles pour mener des audiences à distance, a subi de lourdes coupures. Des audiences ont dû être suspendues ou reportées, montrant à quel point un incident matériel situé dans un entrepôt de serveurs peut impacter des activités administratives réelles.

Où en est le rétablissement des serveurs ?


Sur le front des réparations, les nouvelles se veulent progressivement rassurantes. Le géant de la recherche a indiqué au fil de la journée que le problème d’alimentation électrique était désormais maîtrisé dans le datacenter touché. La priorité absolue des équipes sur place consiste à restaurer les charges de travail qui étaient déjà en cours d’exécution avant la coupure, afin d’éviter les pertes de données ou les corruptions de fichiers.

En revanche, la prudence reste de mise pour le lancement de nouveaux projets ou la réservation de nouvelles ressources dans cette région spécifique. Tant que la situation n’est pas totalement stabilisée, la création de nouvelles machines virtuelles ou de nouveaux volumes de stockage reste restreinte. Les ingénieurs avancent pas à pas pour réapprovisionner l’ensemble des architectures sans risquer une nouvelle surcharge d’un coup.


Les bons réflexes si vous subissez la panne


Si vous constatez encore des dysfonctionnements sur vos outils du quotidien ou si vous gérez des applications hébergées chez l’opérateur américain, quelques étapes simples permettent de faire face au problème :


  • Consultez en priorité le tableau de bord officiel accessible sur status.cloud.google.com pour connaître l’évolution précise de chaque service.

  • Pour les clients de services impactés comme Revolut, évitez de multiplier les tentatives de paiement ou de virement consécutives pour ne pas bloquer inutilement vos cartes.

  • Si vos applications sont hébergées dans d’autres régions européennes comme Paris (europe-west9) ou Francfort (europe-west3), vos infrastructures fonctionnent normalement et ne nécessitent pas d’intervention.

  • Pour les professionnels de l’informatique, évitez de relancer des déploiements vers la région londonienne tant que les indicateurs ne sont pas repassés au vert complet.

  • Si vos services sont critiques, étudiez la possibilité de basculer temporairement vos charges de travail vers une autre zone géographique disponible.


Cette panne démontre une fois de plus que les incidents matériels ne spared personne, pas même les géants du Web. Pour les entreprises du numérique, l’événement servira sans doute de rappel concernant la nécessité de diversifier leurs centres de données et de prévoir des solutions de secours automatiques sur plusieurs régions distinctes. De notre côté, nous restons attentifs aux prochaines annonces de l’hébergeur pour suivre le retour complet à la normale.



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