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Dyson CameraJet : une brosse à dents à 479 € qui filme votre bouche et nettoie entre les dents toute seule

Date 02-09-2026 08:37:02 | Sujet : Équipements High-Tech

Dyson entre dans l’hygiène bucco-dentaire avec la CameraJet, une brosse à dents électrique à 479 euros présentée le 1er septembre 2026 à Paris. Sous la tête, une caméra macro de 100 000 pixels analyse 28 images par seconde. Une IA baptisée Gap Optical Targeting repère les espaces interdentaires et déclenche, en moins de 100 millisecondes, un jet de bain de bouche. Brossage, fil dentaire et inspection visuelle fusionnent dans un seul geste. Le concept « to floss
« est spectaculaire. Reste à savoir s’il justifie le prix, les consommables et un écosystème aussi fermé. Promesse technique, prix premium, et ce que ça change vraiment.

Quand le roi de l’aspirateur décide de s’attaquer à nos dents


On les connaissait pour leurs aspirateurs qui ne perdent jamais d’aspiration, leurs purificateurs d’air au design futuriste ou leurs sèche-cheveux vendus au prix d’un smartphone moyen de gamme. Cette fois, les ingénieurs britanniques ont décidé de franchir la porte de notre salle de bain par une autre entrée. Le 1er septembre 2026, lors d’un événement organisé à Paris, le constructeur a dévoilé sa toute première brosse à dents électrique : la CameraJet. Le positionnement ne surprend personne, on reste sur du très haut de gamme avec un tarif fixé à 479 euros. Pour ce prix-là, la marque décline son nouvel objet en deux finitions, Ceramic Ultra Blue et Ceramic Pink, en incluant dans le coffret le manche, une imposante station d’accueil, deux têtes de brossage et un étui pour les voyages.



L’idée derrière ce projet part d’un constat plutôt banal que tout dentiste vous répètera lors de votre contrôle annuel. La plupart d’entre nous brossent très bien la surface visible des dents, mais nous faisons souvent l’impasse sur ce qui se passe entre elles. C’est précisément là que les bactéries s’installent, que la plaque s’accumule et que les ennuis commencent. Au lieu de nous envoyer acheter du fil dentaire ou une brossette que personne n’utilise jamais plus de trois jours d’affilée, l’entreprise tente de résoudre le problème à sa manière. C’est-à-dire en aveuglant le souci à coups d’ingénierie, de capteurs et d’algorithmes, pour essayer de transformer une corvée de deux minutes en une démonstration technologique.

Un véritable œil d’expert caché sous les poils


Pour réussir ce tour de force, l’appareil ne se contente pas de vibrer gentiment contre votre émail. Sa principale curiosité se trouve juste sous la tête d’impression des poils, dissimulée derrière une petite fenêtre transparente. Il s’agit d’un capteur optique macro de 100 000 pixels. Cela peut sembler ridicule quand on pense aux dizaines de mégapixels de nos smartphones actuels, mais ce composant n’a absolument pas été pensé pour réussir de beaux portraits. Sa seule mission est de repérer la frontière exacte entre la gencive, l’émail et le vide qui sépare deux dents. Comme l’accessoire bouge à toute vitesse pendant le fonctionnement, le fabricant a ajouté un éclairage stroboscopique qui flashe en rythme pour éviter que l’image ne soit totalement floue.
Les autres brosses ne voient pas les espaces interdentaires. Seule la nôtre le peut.
Dyson CameraJet est la seule brosse à dents équipée d’une caméra pour détecter les espaces interdentaires et les nettoyer, éliminant ainsi la plaque pendant le brossage.
Dyson

C’est à cet instant précis que la partie logicielle prend le relais. Un algorithme interne, baptisé Gap Optical Targeting, traite environ 28 images chaque seconde. Les équipes techniques l’ont entraîné en lui faisant regarder près de 470 000 clichés de dentitions en tout genre. Dès que ce cerveau miniature détecte un espace interdentaire, il réagit au quart de tour. En moins de 100 millisecondes, le mécanisme envoie une impulsion pour libérer un jet de produit nettoyant exactement là où la brosse classique ne passe pas. Le capteur ne sert donc pas de gadget de surveillance, il agit comme un véritable système de visée en temps réel pendant que vous déplacez la brosse dans votre bouche.

Une propulsion de précision et une application dédiée


Le liquide propulsé provient directement d’un mini réservoir de 12,5 ml logé à l’intérieur du manche. Contrairement aux hydropulseurs traditionnels qui envoient un fil d’eau parfois douloureux sur les gencives sensibles, le spray adopté ici est plus large et conique. Cela permet de nettoyer la zone sans avoir besoin de monter excessivement en pression. Pour éviter que le système ne se désamorce dès que vous le penchez vers le fond de la cavité buccale pour atteindre les molaires, une petite pompe spéciale maintient l’alimentation en fluide constante, peu importe l’inclinaison. La tête elle-même associe deux types de fibres synthétiques, des plus dures au centre pour décaper et des plus souples sur le bord pour protéger les tissus mous.

Évidemment, appareil moderne oblige, le tout communique avec votre smartphone en Wi-Fi et en Bluetooth via l’application MyDyson. Si le cœur vous en dit, vous pouvez regarder en direct ce qui se passe entre vos molaires sur votre écran, même si l’intérêt au quotidien reste discutable. Le fabricant tient d’ailleurs à rassurer les plus frileux sur la gestion des données personnelles : les images sont traitées localement par la puce du manche et ne sont ni enregistrées ni envoyées sur des serveurs distants. Enfin, la station d’accueil fournie ne sert pas seulement à recharger la batterie. Elle se charge aussi de remplir le réservoir de fluide en quelques secondes à peine et dialogue avec les puces RFID intégrées dans chaque tête pour vous prévenir quand les poils sont trop usés.

Des promesses séduisantes mais une routine bousculée


Sur le papier, le discours commercial est particulièrement rodé. Le constructeur promet une élimination de la plaque dentaire bien supérieure à ce que proposent les meilleures brosses soniques du marché dans les coins difficiles d’accès. On nous parle aussi d’une nette amélioration de la santé des gencives en deux semaines seulement. Toutefois, il faut garder en tête que ces affirmations reposent essentiellement sur des tests menés en interne ou dans des laboratoires partenaires. En attendant des études cliniques indépendantes poussées, il convient de prendre ces chiffres pour ce qu’ils sont : des arguments de vente solides, mais calibrés pour faire briller la fiche technique.



Au-delà des données théoriques, l’utilisation d’une telle machine implique de revoir un peu ses habitudes au-dessus du lavabo. On apprend vite par exemple qu’il faut dire adieu aux dentifrices très moussants du commerce. Une pâte qui produit trop de mousse vient immédiatement recouvrir la lentille, ce qui rend la caméra totalement aveugle et empêche le jet automatique de se déclencher correctement. Il faut donc s’orienter vers des formules spécifiques peu moussantes, idéalement celles vendues par la marque elle-même. C’est le prix à payer pour laisser l’électronique faire son travail sans interruption.

Un coût d’entrée massif et un écosystème fermé


Il faut bien aborder le sujet qui fâche : la facture. À 479 euros le pack de base, l’investissement est colossal pour un objet d’hygiène personnelle. Et l’addition ne s’arrête pas au moment de passer en caisse la première fois. Il faudra régulièrement repasser au portefeuille pour acheter les têtes de rechange équipées de puces électroniques, mais aussi pour vous approvisionner en produit nettoyant adapté. On se retrouve piégé dans un écosystème propriétaire fermé, un peu comme avec les imprimantes et leurs cartouches d’encre.

De plus, l’engin est loin d’être discret. Le manche s’avère nettement plus volumineux et lourd qu’un modèle électrique basique, la faute au réservoir, au moteur de pompe et aux composants embarqués. La base prend elle aussi une place non négligeable sur le plan de travail de la salle de bain, ce qui nécessite d’avoir une prise et un espace dédié. Si l’on fait un rapide calcul comptable, l’achat d’une brosse à dents sonique classique combinée à un hydropulseur séparé revient deux à trois fois moins cher. La CameraJet ne cherche pas à être économique, elle facture au prix fort le confort d’avoir condensé deux gestes en un seul mouvements totalement automatisé.

À qui s’adresse réellement cette vitrine technologique ?


À ce niveau de tarif, ce modèle ne vise clairement pas le grand public désireux de simplement se laver les dents avant de partir au travail. Il ciblera en priorité trois profils d’acheteurs bien précis. D’abord, les passionnés d’innovation et les fidèles de la marque, toujours prêts à mettre le prix fort pour posséder le dernier équipement haut de gamme à la mode. Ensuite, les personnes extrêmement à cheval sur l’hygiène bucco-dentaire qui adorent avoir un contrôle visuel sur leur brossage. Enfin, ceux qui savent pertinemment qu’ils n’auront jamais la patience d’utiliser du fil dentaire tous les soirs et qui préfèrent déléguer cette corvée à une machine.

Pour les autres utilisateurs, le doute est permis. Si votre routine actuelle fonctionne très bien et que votre dentiste ne trouve rien à redire lors de vos visites, débourser une telle somme semble très exagéré. La présence d’un objectif vidéo qui scrute l’intérieur de la bouche peut aussi en freiner plus d’un, malgré les garanties apportées sur la protection de la vie privée. Remplir le réservoir, vérifier le niveau de batterie, faire attention au type de pâte dentifrice utilisé : cela fait beaucoup de petites contraintes à accepter pour un geste qu’on accomplissait jusqu’ici de manière presque mécanique.


Une prouesse technique face à l’épreuve du quotidien


Il serait injuste de réduire cet appareil à un simple caprice d’ingénieur ou à un gadget connecté superflu. L’effort de conception est bien réel et la réponse apportée au problème de la plaque interdentaire est techniquement brillante. Faire collaborer un capteur optique rapide, un logiciel de traitement d’image et une buse de projection dans un espace aussi restreint relève de la véritable prouesse industrielle. Dyson montre une fois de plus sa capacité à repenser entièrement des objets du quotidien que l’on pensait figés depuis des décennies.

La vraie question réside maintenant dans la durée. Est-ce que cette technologie restera agréable à utiliser au bout de trois mois ? Est-ce que les utilisateurs ne finiront pas par se lasser de gérer le niveau de liquide et le coût des consommables pour revenir à une méthode plus simple ? L’avenir nous le dira rapidement. La marque britannique n’a pas réinventé le brossage, elle l’a rendu excessivement intelligent.

Et vous, paieriez-vous 479 € pour ne plus passer le fil dentaire ?



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