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Journée internationale de la gentillesse : Pourquoi la France la fête-t-elle ce 3 novembre (et pas comme le reste du monde) ?

Date 03-11-2026 07:23:51 | Sujet : Journées mondiales et internationales

Ce mardi 3 novembre, la France met la bienveillance à l’honneur, alors que le reste de la planète attendra dix jours de plus pour le faire. Née au Japon dans les années 1960 avant d’essaimer partout sur le globe, cette journée invite chacun à multiplier les attentions spontanées. Mais d’où vient ce curieux décalage français ? Et que dit vraiment la science sur les effets de ces micro-gestes ? Pour terminer le petit tour du Bemac de ce second jour de la semaine, nous fêtons aussi les Hubert.

Une date pas comme les autres sur le calendrier français


En ouvrant votre agenda aujourd’hui, vous l’avez peut-être remarqué. La France célèbre la gentillesse ce mardi 3 novembre. Pourtant, si vous interrogez un voisin européen ou si vous jetez un œil aux réseaux sociaux à l’étranger, rien ne semble s’agiter avant le 13 novembre. Ce décalage surprend toujours un peu. On pourrait y voir une simple coquille ou une exception culturelle de plus, mais l’explication repose en réalité sur un choix très conscient, fait pour préserver le sens des choses.



Pour comprendre ce décalage, il faut remonter quelques années en arrière. Quand l’événement débarque dans l’Hexagone à la fin des années 2000, il suit fidèlement le calendrier international. Tout le monde s’aligne alors sur le 13 novembre. Seulement voilà, les tragiques événements de l’automne 2015 à Paris sont venus percuter cette belle organisation.

Dès l’année suivante, maintenir une journée dédiée aux petites attentions positives à la date exacte d’un drame national est devenu impossible. Célébrer la joie d’un geste bienveillant au moment même où le pays se recueille en mémoire des victimes créait un télescopage douloureux. Les organisateurs français ont donc pris la décision de devancer l’échéance d’une dizaine de jours. Depuis, le 3 novembre est resté notre repère national.

Des amphis de Tokyo aux réseaux mondiaux : une histoire née au Japon


Si la France a réajusté son calendrier pour des raisons de mémoire collective, l’idée originale, elle, vient de bien plus loin. Il faut faire un bond dans le temps et traverser la planète pour atterrir au Japon, au début des années 1960.

En 1963, le président de l’université de Tokyo, Seiji Kaya, lance une idée toute simple lors d’un discours devant ses nouveaux diplômés. Inquiet de voir les tensions sociales s’accumuler dans une société en pleine mutation industrielle, il les exhorte à pratiquer ce qu’il appelle de « petites gentillesses ». L’ambition n’est pas de changer le monde du jour au lendemain, mais d’apaiser le quotidien par des frictions évitées. Le message résonne si fort qu’il donne naissance à un vrai rassemblement populaire, le « Small Kindness Movement ».

L’initiative prend progressivement de l’ampleur, traverse les décennies et finit par dépasser les frontières de l’archipel. À la fin du siècle dernier, en septembre 1997, des associations venues des quatre coins du globe se retrouvent à Tokyo pour structurer cette élan. De là naît le « World Kindness Movement », une coalition totalement neutre, sans attache politique ni confessionnelle. Un an plus tard, le 13 novembre 1998, la toute première Journée mondiale est officiellement lancée.

Petite anecdote amusante : le Japon fêtait déjà traditionnellement la culture et la bienveillance autour du 3 novembre (le « Bunka no Hi »). Quelque part, en choisissant cette date, la France est revenue sans le savoir aux racines nippones du projet initial !
L’UNESCO MGIEP et le Mouvement mondial pour la gentillesse collaborent étroitement à la campagne mondiale #KindnessMatters. Chaque mois, ils recensent des centaines d’actes de gentillesse et d’engagements. Ils figurent parmi les partenaires les plus actifs de la campagne. UNESCO

Ni naïveté ni faiblesse : ce que les neurosciences disent de la bienveillance


Pendant longtemps, parler de gentillesse faisait sourire. Dans nos sociétés compétitives ou le monde de l’entreprise, le mot portait presque une connotation négative, souvent associée à la naïveté ou à une forme de crédulité. Heureusement, le regard a bien changé, et les laboratoires de recherche n’y sont pas pour rien.

Depuis une quinzaine d’années, les chercheurs en psychologie sociale et en neurosciences se penchent sérieusement sur la question. Et leurs conclusions sont catégoriques : l’empathie active transforme notre chimie cérébrale. Lorsque vous tenez une porte, adressez un mot chaleureux à un collègue ou aidez un inconnu à porter un sac lourd, votre cerveau ne fait pas qu’accomplir une tâche mécanique. Il libère un cocktail de molécules fascinant :


  • De l’oxytocine, souvent appelée l’hormone de l’attachement, qui réduit l’anxiété et abaisse la tension artérielle.

  • De la dopamine, le neurotransmetteur du circuit de la récompense, qui procure un sentiment immédiat de satisfaction.

  • Des endorphines, véritables antidouleurs naturels qui favorisent une sensation de bien-être général.


C’est ce que les Anglo-Saxons nomment le « helper’s high », cette petite vague d’énergie positive ressentie après avoir tendu la main. La gentillesse n’a donc rien d’une faiblesse passive. C’est un comportement adaptatif puissant, un choix conscient de ne pas céder à la réactivité ou à l’agressivité ambiante.

Une vague contagieuse qui commence par soi-même


L’autre grande découverte des chercheurs concerne la transmissibilité de ces comportements. La bienveillance fonctionne comme un réseau : elle se propage de proche en proche par mimétisme. Observer quelqu’un accomplir une bonne action donne spontanément envie d’en faire autant. Un simple sourire échangé le matin dans le métro peut influencer, par ricochet, les interactions de toute une chaîne d’individus au fil de la journée.

Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse. Vouloir être attentif aux autres ne signifie pas s’oublier en chemin ou tout accepter sans broncher. La vraie gentillesse implique des limites claires et de la lucidité. Si elle devient un poids ou une contrainte sociale qu’on s’impose, elle perd tout son sens.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la notion de « self-kindness », ou bienveillance envers soi-même, prend une place grandissante dans cette journée. Prendre soin des autres s’avère laborieux quand on est soi-même au bord de l’épuisement. S’accorder du repos, savoir dire non sans culpabiliser, accepter ses propres ratés : voilà aussi par quoi commence cette démarche.

Quelques pistes très simples pour rythmer votre journée


Pas besoin d’organiser de grands projets ni de dépenser un centime pour participer. La force de cette journée réside précisément dans la simplicité des gestes. En voici quelques-uns, très faciles à intégrer dans votre routine :


  • Dans l’espace public : céder sa place dans les transports sans attendre qu’on vous le demande, laisser passer un véhicule engagé, ou juste remercier chaleureusement la personne qui vous sert votre café.

  • Au travail ou en famille : prendre cinq minutes pour écouter vraiment un collègue sans lui couper la parole, laisser un petit mot d’encouragement discret sur un bureau, ou exprimer une gratitude sincère à un proche.

  • Vers ceux qui en ont besoin : passer un coup de téléphone à une personne isolée de votre entourage, prendre des nouvelles d’un ami qu’on a perdu de vue, ou déposer un vêtement chaud dans une collecte associative.

  • Pour vous-même : ralentir le rythme ce soir, couper les notifications pendant une heure, et vous accorder un vrai moment de pause sans écran.


Ces micro-actions paraissent insignifiantes prises isolément. Pourtant, mises bout à bout, elles changent le climat d’une pièce, d’un bureau ou d’un quartier.


Un prétexte utile pour adoucir le quotidien


Au fond, cette Journée internationale n’a rien d’une injonction morale. Personne ne vous demande d’être un saint ni d’aimer la terre entière ce mardi. Les tensions, les désaccords et les moments de fatigue font partie de la vie. Mais ce 3 novembre offre un prétexte idéal pour faire un petit pas de côté, interroger nos réflexes quotidiens et injecter un peu de douceur là où l’on a tendance à mettre de la vitesse ou de la rigidité.

Et si jamais vous manquez le coche aujourd’hui, pas de panique. Après tout, puisque la planète entière fêtera l’événement le 13 novembre prochain, vous aurez une seconde chance d’emboîter le pas dans quelques jours.

Et vous, quel petit geste totalement gratuit allez-vous décider de faire aujourd’hui ? N’hésitez pas à nous le dire en commentaire !

(L’illustration de notre article provient de WebTechExperts sur le site Internet Pixabay. Si l’image vous intéresse, vous pouvez faire un don sur le site avant de la télécharger)



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