Rapport Zelnik la solution c’est la Taxe Google

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C’est sans doute une polémique qui risque d’enfler dans les semaines à venir, avec le rapport Zelnik et les derniers propos de Nicolas Sarkozy lors de ses vœux au monde de la culture, expliquant que les entreprises comme Google sont taxées dans le pays siège, pour Google il s’agit de l’Irlande, mais qu’elles ponctionnent une part importante du marché publicitaire français et cela s’appelle de la fuite fiscale, ajoutant que « On n'a aucun cadeau à leur faire ».
Rapport Zelnik préconise la Taxe Google
Le point de départ de toute cette « affaire » provient du rapport Zelnik, rapport qui préconise entre autre de taxer les gros pourfendeurs de publicités sur Internet (Google, Yahoo, Microsoft, Facebook…) pour redistribuer cette taxe aux créateurs de biens culturels, aux sites de presse en ligne. Et Google fait figure de meneur dans cette croisade et surtout est le premier visé, Google représentant à lui seul près de 84% des recherches en France et près de 100 000 consultations par minute sur sa page d’informations Google News.

C’est d’ailleurs de cette page Google News qu’est né la polémique, les principaux acteurs de la presse en ligne reprochant au moteur de se faire du « sucre » sur le dos de leurs articles et ce sans contreparties. La page de recherche n’est pas en reste dans cette attaque, Google y proposant des espaces publicitaires ciblés au clic ou à l’affichage, qui n’ont rien à voir avec le système d’affichage publicitaire classique ni les tarifs que vous trouverez sur un site journalistique. Dans le rapport on peut y lire :
« Les éditeurs concernés considèrent que la moindre valeur des espaces proposés aux annonceurs s'expliquerait, au moins en partie, par la position dominante acquise par la société Google sur le marché de la publicité en ligne et surtout par certaines pratiques de cette société. Ces considérations renvoient aux interrogations fréquentes sur l’évolution du partage de la valeur sur le marché numérique des biens et services culturels. Sur ce marché, les difficultés à dégager des revenus publicitaires conséquents se doublent d’un déséquilibre préoccupant du partage de la valeur entre créateurs de contenus culturels, éditeurs de services culturels développés autour de ces contenus et hébergeurs en ligne qui, tels Google, occupent une position telle sur le marché qu’ils captent l’essentiel des revenus publicitaires issus de la monétisation des contenus culturels. »

En France tout cela est pris très au sérieux et après l’aide apporté par le gouvernement à la presse en ligne dont l’enveloppe globale sera dotée de 20 millions d’euros par an sur 3 ans, on se voit déjà « empocher » la Taxe Google, mais à l’étranger on passe de nouveau pour des guignols ayant une conception de l’Internet digne des années 90 quand on ne nous traite pas tout simplement de sectaire vis-à-vis d’Internet, mais la plupart estiment que cette taxe ne servira qu’à alimenter une culture française sur le déclin.

Tout cela fait penser à Rupert Murdoch qui avait déclaré il y quelques jours vouloir «désindexer» les pages de ses sites (The Times, The Wall Street Journal notamment) de Google, et aujourd’hui les pages de ses sites sont toujours disponibles sur Google News, les mauvaises langues diront qu’il a très vite compris ce qu’il perdrait à retirer ses sites de Google News.

Il en est de même pour la France. Pourquoi les sites qui se plaignent de Google News ne retirent pas purement et simplement leurs pages de Google news ? Parce qu’il y a plus à perdre qu’à y gagner. Je ne défends pas Google mais à trop vouloir le beurre et l’argent du beurre, un jour l’on risque de se retrouver sans la crémière.

Le rapport Zelnik a peut être oublié qu’il existe une multitude de petits sites d’informations, qui ne sont pas des Monde, Express ou Rue89 mais qui profitent du fait que Google indexe leurs articles dans les pages de News ce qui génère une part de visiteurs non négligeable. L’exemple concret en est notre site qui sans Google News n’aurait pas autant de visiteurs chaque jour. Et certains sites vivent en partie de ces visiteurs grâce à AdSense, le service publicitaire de Google générateur de revenus. Et si demain une Taxe Google apparaît la relation de cause à effet en sûrement une baisse des revenus pour ces sites, Google répercutant la taxe sur le montant publicitaire reversé aux sites, à ne pas en douter.

Et là nous n’avons parlé que de Google et la presse en ligne, derrière il y a aussi la musique et les livres. D’où ma question. Et si Google n’était plus disponible en France, qui saurait trouver l’énergie la volonté et surtout la technologie nécessaire pour le remplacer ? Sans doute personne, nous en France nous sommes bon pour taxer et voir venir, mais être créatif se remettre en question, discuter et aller de l’avant, là c’est une autre affaire. Quand Google a débarqué en 1998 tout le monde l’a regardé faire sans sourciller, quand le P2P est arrivé en France tout le monde a regardé faire, et maintenant que l’implosion est proche et surtout que certains sentent le vent tourner (touches pas à mes revenus), tout le monde s’inquiète.

Après Microsoft qui ne semble plus être le grand méchant loup, c’est donc au tour de Google d’endosser ce rôle.
 
chabot thierry
chabot thierry
Passionné par les ordinateurs depuis son premier PC-1512, il est l'auteur principal des articles concernant Internet, les OS et les moteurs de recherches. Il répond souvent sur les forums avec le pseudonyme Cthierry pour proposer des solutions.

 
 
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